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La mise en forme des données : entre le numérique et le participatif

AK

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Armen Khatchatourov : Université Gustave Eiffel

Résumé de la communication

L’avènement – réel ou fantasmé - des Smart-cities pose la question des nouvelles transformations du vivre ensemble. En effet, le « déluge des données » (Anderson, 2009), désormais structuré et orienté par les algorithmes, constitue le milieu même de ces smart-cities – dans lequel la surveillance, la recherche d’optimisation (écologique, économique, etc.) et les formes de participation citoyenne ne peuvent pas être dissociées. Dans ce paysage, cette dernière peut prendre la forme de la récolte et de la visualisation des données de la ville, selon les méthodes variées et avec des différents degrés de la mobilisation du « collectif». L’objet de la présente proposition est de présenter un premier état des lieux qui se trouve à l’intersection de trois champs : les approches de l'interaction, artistiques et du "vivre ensemble". Il nous semble important, dans le contexte de smart-cities, de tenir ensemble les trois aspects afin d’éviter soit de rabattre le questionnement sur la simple visualisation des données guidée par une visée individualiste et moralisatrice, soit de sous-estimer le changement que l’intensification des données provoque dans les interrogations collectives. En d’autres mots, en quoi la récolte des données au sein des smart-cities repose t-elle la question du rôle et de la place du design et d’art numérique dans l’élaboration du vivre-ensemble ? Cette communication s’inscrit dans la cadre du projet VI-AN (Villes intelligentes et Arts Numériques).

Résumé du colloque

Les initiatives de métrologie dite « citoyenne » se sont multipliées dans le monde en s’appuyant de manière extensive sur des dispositifs numériques et sur des dynamiques polycentriques cohabitant, plus ou moins consensuellement, avec les approches soutenues par l’acteur politique et public, les institutions scientifiques ou les organismes de santé. Désignées comme des pratiques de « popular epidemiology », de « citizen science », de « street science » ou encore d’« enviro-tracking », ces mesures citoyennes concernent de nombreux thèmes : qualité de l’air et de l’eau, pollens, biodiversité, nuisances sonores et olfactives, îlots de chaleur, radiations... Ces quantifications des milieux s’accompagnent d’une quantification intensive du soi (notamment dans le domaine de la santé). La datafication des milieux se prolonge ainsi jusqu’à un questionnement des rapports d’échelles (perceptions de soi, perception endogène de son habitat, de son territoire étendu, etc.). Tout cela s’inscrit dans un mouvement de tissage continu des données, des objets et des corps et se déploie sur fond de désir de données liées aux économies politiques discutées, controversées, incertaines (Carmes et Noyer, 2015; Saleh, 2018). D’un point de vue international, il s’agit d’examiner les différentes configurations de ces pratiques (leur renforcement) : politiques (cohabitation des initiatives « instituées – instituantes » avec une métrologie autonome, processus de concernement et d’implication des habitants); communicationnelles (modalités d’interaction et de coopération, dynamiques communautaires, médiations…); sociocognitives et socionumériques (littératie des données, production et interprétation des données, création de connaissances, rapports profanes-experts, open data, civic tech, crowdsensing); participatives et rôle des tiers lieux (« labo citoyen », fab labs...); configurations techniques et sémiotiques (IOT, capteurs, mobiles, interfaces, design des données).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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