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Christine Gingras : Cégep de Victoriaville
Dans les années 70, le jardinage urbain connait une renaissance avec, entre autres, l’apparition des premiers jardins communautaires à Montréal. Depuis, plusieurs luttes citoyennes ont été menées pour faire reconnaitre et permettre cette pratique dans ses formes les plus variées. Démonstration que l’agriculture urbaine gagne en reconnaissance, en 2017, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec lance un premier programme d’appui à la réalisation de plan d’agriculture urbaine duquel neuf projets pilotes seront réalisés.
Cette présentation s’intéresse au cas particulier de la Ville de Victoriaville. Accompagnée par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA), la Ville entame en 2018 une démarche participative pour la mise en place de son premier plan d’agriculture urbaine. Nous présenterons l’approche de cocréation et de consultation publique adoptée pour ce projet, et les résultats sur l’appropriation et la mise en œuvre du plan d’action par les acteurs socio-économiques de Victoriaville.
Plusieurs projets conduits par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) illustrent tour à tour une transition en agriculture et en agroalimentaire, voire une bascule vers un renouvellement. Cette transition traverse les enjeux liés à la diversité des modèles agricoles et à la vitalisation des territoires.
La diversité des modèles
Le modèle unique traditionnel en agriculture chevauche d’autres modèles porteurs de possibilités, notamment pour laisser place à une relève agricole souvent non apparentée, provenant de différentes origines et ayant des parcours atypiques. Outre les modes d’établissement qui se diversifient, il en est de même pour les modèles de production et de mise en marché. Les plateformes numériques se multiplient pour vendre en circuits courts. Des créneaux apparaissent teintés de valeurs environnementales (agriculture raisonnée, biologique, urbaine, régénératrice, de petits fruits, de petits élevages, etc.).
La revitalisation des territoires
Ces projets émergents, souvent innovants et mobilisateurs, sont de véritables moteurs de revitalisation des territoires, des villes, des régions éloignées et nordiques. Face à l’ébullition des modèles agricoles et des canaux de vente, des porteurs de projets aspirent à changer les modèles établis. Dans cet élan, de nouveaux outils, leviers et dispositifs de mise en œuvre sont en cours d’expérimentation : laboratoires et territoires (MAPAQ), fiducies d’utilité sociale agricole (FUSA), incubateurs d’entreprises agricoles, modèles de souveraineté alimentaire autochtone, etc.
Quelles résiliences?
Cette transition soulève des questions. Est-ce que les politiques publiques sont adaptées à cette nouvelle réalité? Quelle échelle de territoire (locale, régionale, provinciale) conviendrait le mieux, et pour faire quoi? Quels codes de référence communs permettraient d’intégrer les spécificités socioculturelles émergeant du territoire? Comment innover dans les pratiques et sur le terrain pour accompagner ces nouveaux modèles?
Dans ce monde agricole et agroalimentaire en transition, les impacts sont transversaux. Ce colloque souhaite donc faire avancer la réflexion en lien aux pratiques, tant avec les acteurs de la recherche qu’avec ceux qui sont engagés sur le terrain.
Titre du colloque :