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Morgane Pellerin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans le cadre de son projet de recherche à la maîtrise en sciences de l’environnement, l’étudiante-chercheuse combine l’approche du « design pour l’autonomie » au sens d’Arturo Escobar à celle du développement territorial issue de la géographie pour étudier le processus d’action collective d’une initiative expérimentale. Cette initiative, appelée la Fermette, a pour vision d’« accroître l'autonomie alimentaire de Pointe-Saint-Charles par un projet d'agriculture urbaine, alternatif, écologique et solidaire au Bâtiment 7 qui contribue au déploiement d'un véritable système alimentaire de quartier ». L’initiative est portée par la collectivité et des groupes ancrés territorialement qui agissent de manière concertée et revendiquent la justice alimentaire face aux enjeux liés à une défavorisation économique et sociale, à l’insécurité alimentaire et à la gentrification auxquels est confrontée une partie importante des résidents du quartier.
La question de recherche est la suivante : dans quelle mesure une initiative collective par le design pour l'autonomie peut-elle favoriser la justice alimentaire, sociale et environnementale? La recherche qualitative et inductive repose sur une étude de cas avec une démarche engagée. L’objectif est de vérifier que la perspective théorique développée peut servir d’outil pour favoriser le lancement et la mise en œuvre d'initiatives collectives ancrées territorialement visant la justice alimentaire, sociale et environnementale.
Plusieurs projets conduits par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) illustrent tour à tour une transition en agriculture et en agroalimentaire, voire une bascule vers un renouvellement. Cette transition traverse les enjeux liés à la diversité des modèles agricoles et à la vitalisation des territoires.
La diversité des modèles
Le modèle unique traditionnel en agriculture chevauche d’autres modèles porteurs de possibilités, notamment pour laisser place à une relève agricole souvent non apparentée, provenant de différentes origines et ayant des parcours atypiques. Outre les modes d’établissement qui se diversifient, il en est de même pour les modèles de production et de mise en marché. Les plateformes numériques se multiplient pour vendre en circuits courts. Des créneaux apparaissent teintés de valeurs environnementales (agriculture raisonnée, biologique, urbaine, régénératrice, de petits fruits, de petits élevages, etc.).
La revitalisation des territoires
Ces projets émergents, souvent innovants et mobilisateurs, sont de véritables moteurs de revitalisation des territoires, des villes, des régions éloignées et nordiques. Face à l’ébullition des modèles agricoles et des canaux de vente, des porteurs de projets aspirent à changer les modèles établis. Dans cet élan, de nouveaux outils, leviers et dispositifs de mise en œuvre sont en cours d’expérimentation : laboratoires et territoires (MAPAQ), fiducies d’utilité sociale agricole (FUSA), incubateurs d’entreprises agricoles, modèles de souveraineté alimentaire autochtone, etc.
Quelles résiliences?
Cette transition soulève des questions. Est-ce que les politiques publiques sont adaptées à cette nouvelle réalité? Quelle échelle de territoire (locale, régionale, provinciale) conviendrait le mieux, et pour faire quoi? Quels codes de référence communs permettraient d’intégrer les spécificités socioculturelles émergeant du territoire? Comment innover dans les pratiques et sur le terrain pour accompagner ces nouveaux modèles?
Dans ce monde agricole et agroalimentaire en transition, les impacts sont transversaux. Ce colloque souhaite donc faire avancer la réflexion en lien aux pratiques, tant avec les acteurs de la recherche qu’avec ceux qui sont engagés sur le terrain.
Titre du colloque :