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Louise Briand : UQO - Université du Québec en Outaouais
Cette recherche s’inscrit dans le contexte du recours aux mécanismes de gestion inspirés de la nouvelle gestion publique et de leur mise en œuvre dans les établissements du réseau de l’Université du Québec (UQ). Son objectif est de comprendre en quoi ces nouvelles pratiques de gestion contribuent à resserrer le contrôle exercé sur la fonction professorale, voire à réduire l’autonomie des professeur-es dans la réalisation des composantes de leur tâche (enseignement, recherche, services à la collectivité et administration pédagogique). Elle vise aussi à expliciter l’influence de ces nouveaux outils de gestion (plans, redditions de compte, imputabilité, etc.) et de leur logique globale sur la collégialité et la cogestion, caractéristiques propres aux universités du réseau. La collecte de données réalisée auprès des professeur-es œuvrant dans les dix établissements du réseau, s’est faite par le biais d’un questionnaire en ligne et d’une vingtaine d’entrevues semi-dirigées destinées à approfondir les données obtenues par questionnaires. Les résultats obtenus permettront de dresser un portrait actualisé et révélateur des mécanismes de gestion ayant eu pour conséquences, notamment, de réduire significativement l’autonomie des professeur-es dans la réalisation des volets de leur fonction. Nos conclusions permettront également de souligner les principaux enjeux auxquels ils sont confrontés et d’identifier des pistes d’action pour eux-mêmes et pour les syndicats qui les représentent.
La problématique du colloque s’insère dans le débat de l’exercice de la fonction professorale, dans le contexte de la montée de la nouvelle gestion publique (NGP) dans les universités.
La NGP est présentée comme la clé de l’amélioration des services publics. Pourtant, les pratiques de gestion qui en découlent soumettent les universités à des logiques de normalisation et de contrôle, basées sur des objectifs de réduction des coûts, d’efficacité (remise en question des modes d’organisation du travail) et d’efficience (par un réexamen des missions et des responsabilités des acteurs parties prenantes). Ainsi, on attend de la recherche universitaire qu’elle produise des retombées économiques et que les programmes d’enseignement s’arriment aux besoins du marché du travail. Dans le secteur universitaire, la quête d’économie, d’efficacité et d’efficience prend une signification et une portée particulièrement emblématiques en raison de ses impacts sur les tâches, les fonctions et les responsabilités des professeur.e.s, surtout lorsque la collégialité attachée organiquement à leur fonction est mise à mal. En d’autres mots, la NGP introduirait dans les universités des pratiques de gestion incompatibles avec sa mission fondamentale et sa gestion collégiale. Si les indicateurs de mesure du rendement et d’évaluation de la performance individuelle et institutionnelle offrent des mesures (nombre et valeur des subventions et des contributions, nombre de diplômés, coût par étudiant, durée du programme), ils ne témoignent pas pour autant de la qualité des programmes d’enseignement et de recherche.
La NGP ferait perdre aux professeur.e.s l’autonomie liée à leur fonction, l’autonomie se définissant par la discrétion et la maîtrise que peut exercer une personne dans l’exercice de son travail. Par ailleurs, les pratiques de la NGP entraîneraient de la détresse psychologique chez les professeur.e.s. Des pressions pour publier, une course aux demandes de subvention, une surcharge de travail, une bureaucratie subie et autres sont autant de facteurs qui menaceraient la santé et la qualité de vie au travail des professeur.e.s.
Le colloque sera divisé en trois séances et une table ronde. Les trois séances s’articuleront autour d’un sous-thème : les manifestations de la NGP dans les universités, l’autonomie dans l’exercice de la fonction professorale et la qualité de vie au travail. La table ronde réunira des panélistes qui discuteront des pistes d’action, tant individuelles que collectives, susceptibles d’être mises en œuvre pour soutenir l’autonomie des professeur.e.s et leur qualité de vie au travail.
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