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L’autonomie : entre liberté et indépendance. Regards croisés de Thucydide à Isaiah Berlin

SG

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Serigne Touba Mbacké Gueye : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Résumé de la communication

Polysémique et controversé, le concept d’autonomie, au travers des siècles a fait l’objet de plusieurs examens tantôt discursifs tantôt subversifs. Pourtant, aussi difficile à comprendre soit-elle, l’autonomie suscite désir, passion et souci dans toutes les sphères de la vie. Elle est souvent convoquée comme clause indiscutable dans les rapports de forces politico-sociaux, parfois considérée comme droit inaliénable dans les luttes socio-économiques et toujours soulevée comme arme contre l’autorité destructrice de liberté et d’épanouissement. Pourtant, l’autonomie n’a jamais fait l’objet d’un consensus sémantique. C’est certainement ce qui fait sa force et son charme, lesquels lui valent des usages multidimensionnels et pluridisciplinaires en tout point riches de sens et de discernements. En effet, notre communication s’inscrit dans une logique de démantèlement sémantique consistant à traiter du concept d’autonomie de Thucydide dans la Guerre de Péloponnèse à Isaiah Berlin dans les Deux concepts de liberté texte de sa leçon inaugurale à l’Université d’Oxford en 1958. Qu’est-ce que l’autonomie ? Quelle valeur substantielle détient-elle au point d’être toujours voulue et souhaitable ? Peut-il y avoir autonomie là où sévissent des relations hiérarchiques ou de pouvoirs asymétriques ? ? Autant de questions auxquelles nous tâcherons de répondre dans notre communication en nous appuyant sur des penseurs de l’autonomie abstraction faite de tout penchant idéologico-politique.

Résumé du colloque

La problématique du colloque s’insère dans le débat de l’exercice de la fonction professorale, dans le contexte de la montée de la nouvelle gestion publique (NGP) dans les universités.

La NGP est présentée comme la clé de l’amélioration des services publics. Pourtant, les pratiques de gestion qui en découlent soumettent les universités à des logiques de normalisation et de contrôle, basées sur des objectifs de réduction des coûts, d’efficacité (remise en question des modes d’organisation du travail) et d’efficience (par un réexamen des missions et des responsabilités des acteurs parties prenantes). Ainsi, on attend de la recherche universitaire qu’elle produise des retombées économiques et que les programmes d’enseignement s’arriment aux besoins du marché du travail. Dans le secteur universitaire, la quête d’économie, d’efficacité et d’efficience prend une signification et une portée particulièrement emblématiques en raison de ses impacts sur les tâches, les fonctions et les responsabilités des professeur.e.s, surtout lorsque la collégialité attachée organiquement à leur fonction est mise à mal. En d’autres mots, la NGP introduirait dans les universités des pratiques de gestion incompatibles avec sa mission fondamentale et sa gestion collégiale. Si les indicateurs de mesure du rendement et d’évaluation de la performance individuelle et institutionnelle offrent des mesures (nombre et valeur des subventions et des contributions, nombre de diplômés, coût par étudiant, durée du programme), ils ne témoignent pas pour autant de la qualité des programmes d’enseignement et de recherche.

La NGP ferait perdre aux professeur.e.s l’autonomie liée à leur fonction, l’autonomie se définissant par la discrétion et la maîtrise que peut exercer une personne dans l’exercice de son travail. Par ailleurs, les pratiques de la NGP entraîneraient de la détresse psychologique chez les professeur.e.s. Des pressions pour publier, une course aux demandes de subvention, une surcharge de travail, une bureaucratie subie et autres sont autant de facteurs qui menaceraient la santé et la qualité de vie au travail des professeur.e.s.

Le colloque sera divisé en trois séances et une table ronde. Les trois séances s’articuleront autour d’un sous-thème : les manifestations de la NGP dans les universités, l’autonomie dans l’exercice de la fonction professorale et la qualité de vie au travail. La table ronde réunira des panélistes qui discuteront des pistes d’action, tant individuelles que collectives, susceptibles d’être mises en œuvre pour soutenir l’autonomie des professeur.e.s et leur qualité de vie au travail.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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