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Pierre Anctil : Université d'Ottawa
Les francophones canadiens, qui avaient été jusque-là assez peu en contact avec la culture ou la vie politique allemande, ont bien dû se résoudre à réagir à l’apparition dans ce pays, à partir de 1933, d’un dictature d’extrême droite à forte teneur antisémite et anticommuniste. Fortement en rupture avec les valeurs du Canada français, l’hitlérisme a néanmoins suscité des discussions intenses dans certains milieux de langue française, qui ont cherché dès le départ à en percer la signification immédiate et les conséquences à long terme. Ce sont ces questionnements récurrents que le conférencier va aborder pour la période 1932-1939, en suivant les éditoriaux et la page des nouvelles d’un journal de facture idéologique traditionnaliste et anti-libérale qui paraissait à Québec : L’Action catholique. Dans ce quotidien on peut percevoir assez clairement comment le versant plus conservateur de la société québécoise a été interpelé par le nazisme et comment ce courant politique a été jugé ultimement par les Canadiens français à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.
Pour souligner le 30e anniversaire de la réunification de l’Allemagne, ce colloque propose d’explorer les traces de l’Allemagne dans l’imaginaire canadien par une approche pluridisciplinaire s’intéressant à la fois aux origines de la présence allemande sur le territoire canadien, aux traces laissées par cette présence dans le temps, aux rapports entre le Canada et l’Allemagne et à l’influence qu’ont pu avoir certains grands changements sociopolitiques sur l’imaginaire canadien. Que ce soit par les nombreuses migrations allemandes en sol canadien, par les grands événements historiques survenus sur le territoire allemand, mais ayant eu des échos au Canada, par les échanges politiques ou simplement par l’influence d’écrivains allemands sur la littérature canadienne, le présent colloque vise à réfléchir sur les différentes traces allemandes ayant influencé la manière de se dire au Canada, principalement dans les espaces franco-canadiens.
Sur le plan littéraire, l’Allemagne apparaît souvent soit par la représentation de l’origine (comme dans les romans autobiographiques de Marguerite Andersen), soit par l’impact d’événements historiques (notamment avec la représentation de la chute du mur de Berlin chez des auteurs comme Éric Dupont ou Simon Lambert), soit par le traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale (qu’a mis en scène le théâtre d’Emma Haché). Historiquement, on note que de nombreux Allemands ont migré au Canada au point d’y inscrire des traces visibles dans la géographie (West Berlin et East Berlin, en Nouvelle-Écosse) ou dans la culture locale (l’Oktoberfest de Kitchener, en Ontario, anciennement nommée Berlin). Sur le plan social et politique, les deux guerres mondiales, la présence militaire canadienne en Allemagne et l’image de l’effondrement du mur de Berlin ont certainement influencé la perception et l’évolution de l’autre allemand, et du même coup la perception et les mutations du soi canadien. Il ne s’agit que d’exemples proposés pour ce colloque.
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