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Le modèle d’autogestion de la communauté BDSM : une explosion des critères conventionnels du vivre-ensemble sexuel

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Ann-Sophie Guertin-Fleurent : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Malgré leurs possibles divergences, les discours qui sous-tendent les luttes queers et féministes tentent tous, à leur manière, de transformer les normes et les scripts qui déterminent la vision sociopolitique de la sexualité, qui actuellement est en grande partie régie par un discours hétérocentré et moralisateur. Il est possible, à partir d’une analyse du fonctionnement des relations Dominant.e/Soumis.e de la communauté BDSM, de repérer des phénomènes subversifs qui permettent une reconstruction de la gestion collective de la sexualité. C’est en se réappropriant certains éléments de la société que les membres créent leur univers alternatif communément perçu comme marginal, mais néanmoins très structuré. La théorie des modes de subjectivation et du pouvoir de Michel Foucault, ainsi que celle de l’assujettissement et du genre de Judith Butler, permettent de saisir une résistance, voire une dé-subjectivation critique qui opère une explosion des critères conventionnels du vivre-ensemble sexuel. Le modèle
d’autogestion de la communauté BDSM pourrait offrir des outils qui permettraient une reformulation de la logistique sociopolitique de la sexualité qui pour contrer une normalisation excessive, auraient recours aux concepts de consentement éclairé et de plaisir.

Résumé du colloque

Les dernières années se démarquent par une pluralité de discours et de représentations (littéraires, artistiques ou cinématographiques) inédites sur la sexualité des femmes, des minorités sexuelles et de genre, ainsi que sur des pratiques sexuelles et affectives alternatives telles le BDSM et les non-monogamies. On assiste à un certain élargissement du droit à la subjectivité et à l’agentivité sexuelle des groupes opprimés. Au centre des préoccupations sur les sexualités vient le consentement. Le mouvement #metoo a fait émerger plusieurs questions sur la sexualité égalitaire : comment politiser collectivement le consentement dans un contexte individualiste néolibéral? Quelle est la place du désir et du plaisir dans le consentement? Quelles pratiques éducatives, militantes ou culturelles peut-on mettre en place? D’un point de vue féministe, queer, antiraciste et décolonial, comment (re)penser la subversion érotique et les stratégies de résistance face aux impératifs des industries culturelles qui tendent à édulcorer la radicalité politique de certains discours et représentations? Ce colloque constitue un espace d’arrimage interdisciplinaire des savoirs à propos du consentement, du plaisir et du désir en partageant des outils conceptuels souvent ignorés d’une discipline à l’autre, tels que l’injustice épistémique (Fricker, 2007; Dotson, 2018), les scripts sexuels (Simon et Gagnon, 1973) et l’agentivité sexuelle (Lang, 2011; Lavigne et coll., 2019), les affects et la corporéité (Gregg et Seigworth, 2010; Grosz, 1994, 2017; Ahmed, 2017). Les axes suivants seront explorés : 1) Apports épistémologiques, critiques et éthiques : quelles injustices épistémiques reproduisent les théories actuelles? Quelles sont les avenues de (re)politisation des savoirs sur les concepts de consentement, de désir et de plaisir? 2) Apports théoriques : quels arrimages possibles entre les concepts de corporéité ou des affects à la théorie des scripts sexuels ou de l’agentivité sexuelle? et 3) Représentations des corps et des sexualités : Quels contre-scripts observons-nous (au cinéma, dans les séries, les œuvres littéraires, la pornographie, etc.)? Quelles avenues de résistance proposent-ils ou encore à quelles réifications s’adonnent-ils? Quel est le potentiel éducatif et militant de ces représentations?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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