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Le religieux fait-il mauvais genre à l'école? Promotion de la laïcité et normes de genre à l'école publique en France

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Chloé Le Meur : EHESS - École des hautes études en sciences sociales

Résumé de la communication

À la rentrée scolaire 2004 entre en application la loi sur le port des « signes religieux » dans les établissements scolaires publics français. Elle amorce un renforcement de l’encadrement législatif, réglementaire et pratique des manifestations individuelles de religiosité par les élèves. Incluse dans une logique renouvelée de promotion de la laïcité comme valeur, la loi est aussi régulièrement associée à la défense d’un modèle social national, présenté comme garant de l’égalité entre les genres. Partant de ce contexte social et politique articulant laïcité et rapports de genre, la communication interroge les pratiques, normes et représentations mobilisées par les agents de l’Éducation Nationale, dans deux établissements en région parisienne classés REP (Réseau d’Éducation Prioritaire). Pour évaluer les pratiques religieuses (principalement vestimentaires) des élèves et distinguer l’autorisé de l’interdit, comment les agents procèdent-ils ? La performance de genre réalisée par les élèves constitue-t-elle un critère significatif de l’évaluation et déterminant les modalités d’intervention ? L’objectif est de savoir si et comment s’articulent à l’école la mise en œuvre du principe de laïcité, l’évaluation des performances de genre et de sexualité ainsi que la promotion de modèles normatifs genrés et sexuels. Les observations et premiers résultats de deux enquêtes ethnographiques, l’une réalisée entre 2013 et 2015, l’autre commencée en septembre 2019, seront mobilisés.

Résumé du colloque

Dans un contexte de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté (Nandram et Bindlish, 2017), les tensions qui émergent dans les démocraties suscitent divers bouleversements. Ces bouleversements qui se manifestent à notre époque poussent plusieurs acteurs sociaux à mobiliser la notion de vivre-ensemble comme cadre normatif de vie en commun. Ces positionnements normatifs interpellent les chercheur.e.s depuis plus d’une décennie (voir, par exemple, Perraton et Bonenfant, 2009). Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à explorer les terrains de ces bouleversements et leur amplitude. Le colloque aborde notamment les questions suivantes : comment les acteurs de la société civile définissent-ils le vivre-ensemble? Comment cette notion est-elle mobilisée, mise en pratique et vécue dans la société et les organisations?

Ce colloque propose de se pencher sur cette problématique en tentant de cerner les contenus concrets et symboliques du vivre-ensemble, tout en explorant ses limites (en relevant ce qui ne concerne pas le vivre-ensemble dans les sociétés modernes). L’événement sera structuré selon trois axes : 1) droit et diversité; 2) entreprises et religions; et 3) identité et radicalisation. Chacun des axes orientera les contributions des participant.e.s en fonction de certaines thématiques. L’axe « droit et diversité » interpellera des chercheur.e.s qui travaillent, entre autres, sur les questions de la laïcité, de la langue et des cultures autochtones (le vivre-ensemble après l’adoption de la loi 21 au Québec ou à la suite de la Commission de vérité et réconciliation). L’axe « entreprises et religions » se concentrera sur les espaces ouverts par le religieux dans le monde du travail (les entreprises de tendance, l’intégration économique des immigrants dans un contexte pluriel). L’axe « identité et radicalisation » s’intéressera à l’émergence de la radicalité dans divers espaces démocratiques (populisme et montée des extrêmes, rôles et positionnements des médias face aux radicalismes, processus de radicalisation menant à la violence). Sans se limiter à ces exemples, les communications présentées s’inscriront en lien avec l’un de ces axes.

Tout en tentant de fournir des pistes afin de mieux comprendre les bouleversements sociaux et les chocs de valeurs que ces bouleversements entraînent, ce colloque vise également un objectif méthodologique en favorisant la présentation de recherches systématisant les analyses interdisciplinaires en provenance des sciences juridiques, de la sociologie, de l’anthropologie, de la théologie et des sciences des religions.

Nandram, Sharda S. et Puneet K. Bindlish (2017), Managing VUCA Through Integrative Self-Management: How to Cope with Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity in Organizational Behavior, Cham, Springer International Publishing.

Perraton, Charles et Maude Bonenfant (réd.) (2009), Vivre ensemble dans l’espace public, Québec, Presses de l’Université du Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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