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Sophie Vanmeerhaeghe : Université libre de Bruxelles
En Belgique francophone, le stage en enseignement apparait comme une pierre angulaire d’une formation efficace. Les attentes sont nombreuses, pourtant, plusieurs interprétations du stage coexistent dues, entre autres, à la polysémie des concepts qui l’entourent. Qu’en est-il des différents acteurs du stage ? Comment abordent-ils le stage et ses visées de professionnalisation ? Nos précédentes recherches sur l’objet stage nous invite à dépasser l’allant de soi de cet objet tombé dans le sens commun. Nous l’appréhendons plus précisément comme une occasion sociale aux multiples interactions où chaque acteur voit son statut et ses rôles temporairement modifiés et où se jouent, entre autres, plusieurs circulations de savoirs. Notre contribution exposera, à partir des résultats antérieurs, les spécificités du stage en enseignement et les déséquilibres qu’il sous-entend avant de donner la parole aux étudiants via une dispositif original de journal de bord vidéo en ligne. Nous y relevons les traces de reconnaissances professionnelles et sociales, ainsi que les normes et savoirs présents dans leurs discours tout au long de leur immersion professionnelle. Enfin, nous croiserons les regards de maitres de stage, étudiants et élèves autour de 3 stagiaires belges en enseignement secondaire inférieur afin de mettre en lumière leurs perceptions de la visée formatrice du stage et leurs indices de professionnalisation.
Bien que la recherche sur la formation, l’insertion et le développement professionnel des enseignants soit actuellement bien développée, elle a été dominée par une approche dite déficitaire. Ainsi, la recherche sur les futurs enseignants, les enseignants débutants et les enseignants en fin de carrière s’est souvent concentrée sur les défis et les difficultés que ces enseignants rencontrent plutôt que sur les compétences dont ils disposent et qu’ils peuvent offrir à l’école.
Bien que bien intentionnée et pertinente, cette approche déficitaire positionne les enseignants comme des membres passifs, dépendants et peu compétents. Récemment, inspirés par la théorie du capital social, plusieurs auteurs soulignent la pertinence d’investir dans les collaborations bidirectionnelles et d’investir dans la mise en œuvre d’une culture professionnelle intégrée dans les écoles. Grâce aux interactions et aux réseaux professionnels, les enseignants peuvent apprendre les uns des autres, transférer l’information et avoir accès au savoir et au soutien social (Coburn, Russell, Kaufman et Stein, 2012). Dans une culture d’école professionnelle intégrée, un échange permanent avec chaque membre du personnel enseignant est encouragé. De nombreuses études ont démontré les avantages de cette culture intégrée pour la perception d’autoefficacité des enseignants (Devos et coll., 2012), la motivation intrinsèque (Minarik, Thornton et Perreault, 2003) et la rétention des enseignants en début et en fin de carrière.
Dans ce colloque, nous explorons le processus de préparation, d’intégration et de développement professionnel des enseignants aux différents stades de leur carrière en les considérant comme des ressources et des coconstructeurs de leur école, dans une perspective non réductrice. Ce symposium invite des propositions théoriques et empiriques qui étudient comment les compétences des enseignants nourrissent leur développement professionnel et sont mobilisées au sein de l’établissement scolaire.
Titre du colloque :