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Les classes sociales au prisme de la gentrification, l’exemple d’Hochelaga-Maisonneuve

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Claire Alvarez : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans la littérature sociologique, le processus de gentrification renvoie à l’arrivée d’une population dans un quartier dont le « capital économique, culturel et social est plus élevé que la population locale » (Tissot, 2012). Au regard de cette définition, l’espace d’un quartier en voie de gentrification semble un terrain propice pour penser les classes sociales et leurs relations. Au sein d’un même espace géographique différentes classes sociales cohabitent, sans nécessairement entrer en relation entre elles. Autrement dit, chaque groupe social (re)crée des espaces sociaux qui sont différenciés à travers les relations (amicales, conjugales, familiales, loisirs, etc.) qu’il noue à l’intérieur de l’espace du quartier. Cette différenciation des espaces sociaux peut se voir à travers l’usage des mots qui renvoient à des traces des différentes relations sociales. Ces différentes relations sociales sont au cœur d’une articulation entre un espace-temps-symbolique différenciée selon la place occupée dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. À partir d’une enquête ethnographique, il s’agira de mettre en lumière la classification différenciée faite par les habitant.e.s du quartier et comment il.elle.s classent et se représentent l’autre.

Résumé du colloque

Au-delà de la disparition annoncée de manière récurrente des classes sociales, que faire aujourd’hui de ce concept fondamental en sciences sociales, aujourd’hui très peu utilisé ici comme ailleurs (Hugrée, Penissat et Spire, 2017)? Bien que le concept ne soit pas complètement disparu, nous avons l’impression que son usage sert davantage à délimiter un champ d’analyse (les classes populaires, par exemple), regroupant bien quelques indicateurs communs (revenu, scolarité, etc.), qu’à expliquer la vie en société. D’où la difficulté toujours présente d’articuler pour ainsi dire la raison statistique du sociologue à celle des enquêté.e.s. Est-ce en raison d’une conscience de classe absente que les classes sociales n’existeraient pas? Ou s’agirait-il d’une difficulté bien réelle des sociologues à analyser le classement effectué par les individus en société? Si la définition même de ce que seraient les classes sociales demeure problématique, les individus continuent pourtant à classer ou à catégoriser leur expérience sociale. Est-il par conséquent possible que ce soit la définition théorique usuelle des classes sociales, souvent réduite à des « conditions socio-économiques », qui ne permette plus de rendre compte de l’existence de classes sociales? Le colloque sera l’occasion de réfléchir à cette difficulté actuelle de penser les classes sociales, et ce, de différentes manières : 1) genèse de l’usage du concept de classes sociales en sciences sociales; 2) tentatives actuelles de réactualisation ou de redéfinition; 3) réflexions sur son usage dans les enquêtes sociologiques et anthropologiques en méthodologie tant quantitative que qualitative; et 4) façon de penser l’articulation de la diversité des rapports sociaux (de classes, de genre et d’ethnie ou de race, de nation, etc.). Est-ce que le concept de classes sociales peut encore contribuer à expliquer les mobilisations citoyennes actuelles à travers le monde?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
news icon Thème du colloque :
Classes sociales et morphologie
section icon Date : 6 mai 2021

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Titre du colloque :

Classes sociales et morphologie

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