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Leila Azimani : UQAM - Université du Québec à Montréal
L’objectif principal de notre étude est de comprendre la place que peuvent prendre les réseaux sociaux, spécifiquement sur Facebook et Tumblr, dans le quotidien de personnes souffrant d’anorexie mentale. Nous nous intéressons à la manière dont elles interagissent lorsqu’elles se retrouvent dans des espaces en ligne, et ce, que ce soit positif ou négatif. De plus, nous cherchons à comprendre le rôle de la communication et des réseaux sociaux numériques dans leur développement d’un sentiment d’appartenance et d’amitiés au sein de ces groupes en ligne.
Pour cette étude qualitative, nous adoptons une approche ethnographique. La première partie est consacrée à de l’observation non participante sur les réseaux sociaux de Facebook et de Tumblr afin de constater les divers échanges et interactions. La seconde partie implique le réseau social de Facebook qui nous permet, d’une part, de faire notre analyse de contenus sur certains profils d’utilisatrices et utilisateurs sélectionné(e)s et, d’autre part, d’y recruter nos participantes et participants pour les entrevues. De plus, nous cherchons à comprendre si les plateformes numériques, où l’on discute des troubles alimentaires, font en sorte que les individus construisent leur identité personnelle par rapport aux normes sociales dictées dans ces groupes en ligne et si cela influence, positivement ou négativement, le quotidien des personnes vivant avec un trouble alimentaire tel que l’anorexie mentale.
L’accès de plus en plus facile à de l’information de plus en plus spécialisée, le développement de technologies aux capacités d’intégration et de mise en réseau, et les attentes croissantes en matière de rapidité et d’individualisation des soins sont autant d’éléments qui soutiennent la transition numérique du secteur de la santé.
Dans un travail de rationalisation classique des processus de santé, il s’agit d’intégrer individus et objets techniques dans des écosystèmes de plus en plus vastes et perméables. Se posent alors les questions d’optimisation des parcours et des procédures, avec l’aide de la distribution et du partage des données. Sur un plan technique, nous pouvons nous interroger sur le développement d’applications et de logiciels avec de grandes capacités de connexion et de mise en réseau. Sur un plan organisationnel, la question de la transformation des métiers et de la réingénierie des processus se pose. Sur un plan relationnel, il faut reconnaître également la transformation des relations dans les trajectoires de santé.
Ces trois aspects convergent vers une redéfinition des rôles (personnel soignant, patients experts, tiers aidants, etc.) et des attentes des patients et de leurs proches, ainsi que des espaces où s’articulent ces relations (extension et porosité des organisations de santé par le développement du dossier patient numérique et de l’« e-santé », sous l’influence de la télémédecine, du Web social, de l’internet des objets, etc.).
Ce colloque se veut l’occasion de poursuivre les réflexions sur les transformations dans les trajectoires de maladie en matière d’espaces (organisations, communautés en ligne), de processus (changement organisationnel, trajectoires de maladie et de soin) et de relations (relation soignant-soigné, place des tiers aidants, reconfigurations de l’expertise, etc.) en lien avec la numérisation de la société.
Titre du colloque :