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Jean Bernatchez : UQAR - Université du Québec à Rimouski
La Nouvelle gestion publique (NGP) remplace graduellement le mode bureaucratique. Hood (1991) repère alors dans les pratiques les traits de ce nouveau mode de gestion. Parmi les principes qui caractérisent la NGP figure l’attention portée aux processus avec l’adoption de méthodes inspirées du secteur privé. Cependant, plusieurs chercheurs observent les dérives de ce mode de gestion (Mongkol, 2011). Aussi, de manière paradoxale, l’institutionnalisation de la NGP se déploie au même rythme que son dépassement (Charbonneau, 2012). Au Québec, la Loi sur l’administration publique de 2000 consacre l’institutionnalisation de la NGP. De manière spécifique à l’éducation, des modifications successives à la Loi sur l’Instruction publique rendent opératoire la gestion axée sur les résultats. Une panoplie d’instruments est créée pour donner suite à cette volonté dans le réseau scolaire. La NGP n’est pas une pratique prescrite dans les universités, mais son influence y est manifeste. La compétence, une des notions témoins de notre époque (Ropé et Tanguy, 1994), en est le vecteur : c’est un savoir-agir qui permet de mobiliser des ressources en situation réelle. Dans notre communication, après une mise en contexte, nous présenterons des exemples de déclinaisons de la NGP dans les universités québécoises. Nous développerons ensuite l’idée que les professeurs devraient défendre le modèle d’une université de service public libre et autonome (Demers, Bernatchez et Umbriaco, 2019).
La problématique du colloque s’insère dans le débat de l’exercice de la fonction professorale, dans le contexte de la montée de la nouvelle gestion publique (NGP) dans les universités.
La NGP est présentée comme la clé de l’amélioration des services publics. Pourtant, les pratiques de gestion qui en découlent soumettent les universités à des logiques de normalisation et de contrôle, basées sur des objectifs de réduction des coûts, d’efficacité (remise en question des modes d’organisation du travail) et d’efficience (par un réexamen des missions et des responsabilités des acteurs parties prenantes). Ainsi, on attend de la recherche universitaire qu’elle produise des retombées économiques et que les programmes d’enseignement s’arriment aux besoins du marché du travail. Dans le secteur universitaire, la quête d’économie, d’efficacité et d’efficience prend une signification et une portée particulièrement emblématiques en raison de ses impacts sur les tâches, les fonctions et les responsabilités des professeur.e.s, surtout lorsque la collégialité attachée organiquement à leur fonction est mise à mal. En d’autres mots, la NGP introduirait dans les universités des pratiques de gestion incompatibles avec sa mission fondamentale et sa gestion collégiale. Si les indicateurs de mesure du rendement et d’évaluation de la performance individuelle et institutionnelle offrent des mesures (nombre et valeur des subventions et des contributions, nombre de diplômés, coût par étudiant, durée du programme), ils ne témoignent pas pour autant de la qualité des programmes d’enseignement et de recherche.
La NGP ferait perdre aux professeur.e.s l’autonomie liée à leur fonction, l’autonomie se définissant par la discrétion et la maîtrise que peut exercer une personne dans l’exercice de son travail. Par ailleurs, les pratiques de la NGP entraîneraient de la détresse psychologique chez les professeur.e.s. Des pressions pour publier, une course aux demandes de subvention, une surcharge de travail, une bureaucratie subie et autres sont autant de facteurs qui menaceraient la santé et la qualité de vie au travail des professeur.e.s.
Le colloque sera divisé en trois séances et une table ronde. Les trois séances s’articuleront autour d’un sous-thème : les manifestations de la NGP dans les universités, l’autonomie dans l’exercice de la fonction professorale et la qualité de vie au travail. La table ronde réunira des panélistes qui discuteront des pistes d’action, tant individuelles que collectives, susceptibles d’être mises en œuvre pour soutenir l’autonomie des professeur.e.s et leur qualité de vie au travail.
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