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Marilou Vinet-Saint-Pierre : Université de Montréal
Cette communication vise à présenter les résultats d’un mémoire complété en 2019, à l’École de Travail social de l’Université de Montréal, portant sur les réalités des femmes âgées en situation d’itinérance. Plus spécifiquement, les points suivants seraient abordés : les conjonctures structurelles influençant les trajectoires de désinsertion, notamment : les difficultés de logement, de pauvreté, d’isolement social, de violence ainsi qu’un manque d’adéquation entre les besoins et les services et politiques sociales existants; les trajectoires multiples et variées du passage à la rue, déclenchées par divers événements : trois exemples seront expliqués; l’agentivité de femmes, les multiples stratégies qu’elles adoptent pour assurer leur survie et maintenir des conditions de vie acceptables, et pour certaines, parvenir à maintenir une certaine stabilité résidentielle.
Les résultats de ce mémoire reflètent notamment la responsabilité étatique dans la mise en place de mesures sociales et politiques adéquates pour répondre aux besoins multiples des femmes âgées en situation d’itinérance, besoins qui ne sont pas comblés dans le respect de leur dignité, étant donné que cette réalité demeure invisible.
Les données de ce mémoire sont liées de la recherche Rendre visible l’itinérance au féminin (Bellot et al., 2017) et les résultats sont issus de l’analyse de neuf entrevues réalisées avec des femmes ayant connu l’itinérance à 50 ans ou après.
Lorsqu’on analyse la prise en charge des populations itinérantes, nous pouvons constater que les pratiques d’intervention ont drastiquement changé au cours des dernières décennies. Au tournant du 20e siècle, les pratiques étaient plutôt à l’enfermement, à la moralisation et à la répression collective des problèmes sociaux; aujourd’hui, cette tendance s’est inversée pour aller vers l’accompagnement, la compassion, le care, bref, ce que certains nomment le souci de l’autre en tant qu’individu (Aranguiz, 2000; Astier, 2007; Christie, 2005; Côté, Renard-Robert et MacDonald, sous presse; Grimard, 2011; Molinier, Lauger et Paperman, 2009). L’itinérance est même de plus en plus abordée comme un problème public, laissant de côté l’hypothèse individuelle dans l’analyse des causes du basculement à une trajectoire de rue (Choppin et Gardella, 2013). À cet égard, peu de travaux ont été faits sur ces points de chute, ces moments de basculement dans une vie en situation d’itinérance. L’objectif de ce colloque serait de mieux comprendre le passage à la rue. Cela permettrait d’en savoir plus sur les expériences vécues et permettrait, par ailleurs, de réfléchir en amont à l’ajustement des pratiques d’intervention aux réalités vécues par les personnes à la rue.
Au cours de cette journée, nous aimerions que des étudiant.e.s, des chercheur.e.s, des intervenant.e.s sociaux.ales et des décideur.euse.s public.que.s présentent sur : a) les conjonctures institutionnelles, structurelles et individuelles qui entourent la venue à la rue; b) les pratiques d’intervention adaptées (ou pas) aux réalités des nouvelles personnes en situation d’itinérance; c) les stratégies développées par les personnes en situation d’itinérance pour faire face à cette nouvelle réalité; et d) les tensions entre le basculement dans l’itinérance et la sortie de celle-ci.
Construite à la manière des présentations « en 180 secondes », cette journée servira à (re)visiter des enquêtes ou des questionnements liés à l’itinérance de manière accélérée en laissant plus de place aux discussions et à la création de liens entre les chercheur.e.s, les décideur.euse.s, les étudiant.e.s et les professeur.e.s présent.e.s. Permettant de dynamiser les présentations, ce colloque veut sortir du cadre habituel pour (re)voir les enquêtes, les constats et les réflexions sur les questions du passage à l’itinérance (les points de bascule), les stratégies de débrouille, de résilience et de résistance qui se manifestent dans les trajectoires à la rue ainsi que les différentes stratégies d’intervention qui y sont liées (ou qui manquent). Les contributions devront être faites avec un temps de présentation court et seront toutes suivies de 12 à 15 minutes de discussion. Le colloque sera également l’occasion de lancer un ebook qui sera constitué des communications sous forme d’article synthétique.
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