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Les migrations allochtones en pays ouatchi (sud-est du Togo) et la question de l'identité aux XVIIIe et XIXe siècles

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Azontowou Senou : Université de Lomé

Résumé de la communication

Le pays ouatchi, dans le sud-est du Togo, est un territoire qui abrite, en dehors des Ouatchi, d’autres populations allochtones venues de l’Ouest comme de l’Est. Parmi celles venues de l’Ouest, on peut citer : les Guin, les Mina, les Adan. Les Fon, les Adja, les Ifé, les Sahwe, les Xwla-Xweda, etc. sont les groupes venus de l’Est. Ces populations, venues d’horizons divers et mises en place entre les XVIIIe et XIXe siècles, avaient mené une vie commune, en partageant les mêmes joies et peines ; d’où l’émergence d’une identité. La question qu’on se pose ici est de savoir quelle est l’origine de ces différents groupes et par quel processus ils sont parvenus à une identité, malgré les moments de gloire et de tristesse que les uns et les autres ont connu. Parmi ces groupes allochtones, certains avaient pratiqué la traite négrière. Quel a été l’impact de cette traite sur les populations autochtones ? Ces populations, vivant ensemble durant plus de trois siècles, soit une longue durée, se sont pardonné certaines erreurs de leurs ancêtres. Malgré certaines divergences, elles ont forgé une identité. En quoi l’esprit identitaire de ces populations est-il lié ? Telles sont les grandes lignes de notre communication. Pour y parvenir, les sources orales et écrites sont mises à contribution.

Résumé du colloque

Le concept d’africanologie (Diakité, 2016) se définit, selon son concepteur, comme :

« Une discipline réflexive née de la jonction des sciences philosophiques, expérimentales, des cultures africaines, occidentales et des sciences humaines. Elle est un champ interdisciplinaire qui commence d’abord par la philosophie, passe de là aux sciences humaines et s’achève dans les sciences expérimentales. L’Africanologie est une tétraphilosophie; c’est-à-dire qu’elle est à la fois une géophilosophie, une historiophilosophie, une sociophilosophie et une médicophilosophie. Elle se définit donc comme une scientophilosophie, c’est-à-dire l’étude clinique, scientifique et philosophique de l’Afrique à partir de sa genèse et de son fonctionnement en tenant compte de son histoire, de ses cultures, de ses civilisations, de ses découvertes, de ses inventions et de ses pratiques. L’Africanologie est le gain de la symbiose des savoirs occidentaux et des savoirs endogènes africains. » (Diakité, 2018, p.122-123)

L’africanologie peut apparaître comme le résultat d’une volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine à travers l’éveil des consciences.

Ainsi, à l’image de la négritude, l’africanologie se veut aujourd’hui la thérapeute de l’Afrique et des Africains, en vue de venir à bout des maux qui les rongent. À partir d’un diagnostic réaliste et objectif du mal africain, dénué de toute complaisance, l’africanologie se fait un devoir d’indiquer aux Africains les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement. Mais en réalité, l’africanologie est-elle susceptible d’influencer le destin de l’Afrique et des Africains, en leur donnant la possibilité de relever les défis du développement? Faut-il voir en l’africanologie un concept de trop au sein des études africaines? Sa démarche se démarque-t-elle des autres disciplines et autres doctrines vouées à l’Afrique? La révolution, sous-tendue par l’éveil des consciences qu’elle prône, ne présuppose-t-elle pas la mise en parallèle des perspectives exogènes et celles dites endogènes? Finalement, quelles peuvent être les forces et les faiblesses de l’africanologie, dans sa contribution à la marche de l’Afrique vers l’émergence, dans un contexte de mondialisation?

Ce colloque vise à faire l’état des lieux des études africaines contemporaines en général, et de l’africanologie en particulier, au regard des défis des temps nouveaux. Il se doit, pour y parvenir, de proposer une discussion critique autour du concept d’africanologie, c’est-à-dire en débattre l’opportunité du surgissement et en relever d’une part les forces et d’autre part les faiblesses, le tout dans une mise en parallèle avec d’autres disciplines, doctrines ou concepts en lien avec l’Afrique, et ce, dans le but de situer la contribution de l’africanologie dans le processus de développement de l’Afrique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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