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Emmanuel Niyonsaba : Université de Montréal
Notre communication propose d’enrichir la diversité des expériences du processus d’inclusion sociale à partir de cas de personnes âgées atteintes de troubles cognitifs dans le contexte africain. A partir des résultats de notre recherche doctorale réalisée au Sénégal (Niyonsaba, 2018) auprès de parents âgés en cours de fragilisation et des premiers apports de la recherche en cours sur les troubles cognitifs auprès des immigrants âgés africains vivant à Montréal, il s’agit d’explorer les représentations socioculturelles des troubles cognitifs, leur impact et les facteurs de stigmatisation des personnes dans un contexte où ces troubles ne sont pas considérés comme des maladies, mais sont mis sur le compte du vieillissement. Pourtant, la question de l’inclusion sociale des personnes âgées se pose dès lors que ces représentations ont des conséquences sur la personne âgée. Ainsi, les personnes âgées sont souvent amenées à rejeter le jugement social par volonté d’intégration dans la vie sociale pour échapper à la solitude. Nos résultats révèlent que la méconnaissance ou l’ignorance de ces pathologies présente des risques susceptibles d’accroître la fragilité des personnes âgées. Par ailleurs, l’inclusion sociale des personnes atteintes des troubles cognitifs ne pourra s’effectuer que si l’on dépasse les représentations les concernant, en prenant en compte leurs perceptions de leur état de santé et leurs comportements.
Les expériences des vieillissements sont diversifiées, les personnes qui les vivent possèdent des caractéristiques et des parcours de vie variés (Grenier et Ferrer, 2010). Certaines personnes aînées peuvent faire face à une stigmatisation spécifiquement liée à leur condition ou à leur position sociale, d’autres se trouvent au croisement de caractéristiques identitaires et sociales pouvant mener à une stigmatisation et à une discrimination intersectionnelles. Alors que certains résistent à ces situations de marginalisation, il demeure que les expériences de stigmatisation peuvent accentuer les situations d’exclusion. Dans ce contexte, l’inclusion sociale est définie comme « un processus complexe de cocréation d’un projet social qui reconnaît les possibilités et la diversité des participations de tous et de chacun, en tant que membres socialement valorisés. Ce projet social ne peut s’opérer sans reconnaissance et redistribution des ressources matérielles, mais aussi des droits, des pouvoirs et des possibilités » (Séguin et collègues, 2015, p. 5). Cela appelle donc à considérer le processus d’inclusion et les facteurs l’influençant, notamment en lien avec la diversité des vieillissements, les croisements des identités marginalisées, et les interactions avec les environnements dans des processus itératifs. Si des interventions individuelles sont utiles auprès des aînés à risque d’exclusion, elles ne sont pas suffisantes. Car il ne suffit pas d’agir sur les facteurs personnels, encore faut-il intervenir auprès des environnements sociaux, institutionnels et communautaires.
Ce colloque, qui mettra en lumière des perspectives de divers horizons (travail social, sexologie, ergothérapie sociale, communication, sciences du loisir, anthropologie, etc.) sera l’occasion de discuter des pratiques inclusives actuelles ou recommandées et apportera un éclairage sur les pistes à approfondir pour la recherche en gérontologie sociale. Le colloque permettra la mise en commun des réflexions, des recommandations, des propositions et des expériences des pratiques inclusives auprès de différents groupes d’aînés (vivant avec des atteintes cognitives, en situation de handicap, issus de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres, ayant des problèmes de santé mentale, vivant avec le VIH, etc.). Il représentera une occasion de faire le point sur diverses démarches de recherche réalisées en lien avec l’inclusion de groupes d’aînés marginalisés et/ou à risque d’exclusion.
Titre du colloque :