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France Dufour : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis l’avènement des mesures favorisant l’inclusion scolaire d’étudiants en situation de handicap (ESH), ils sont de plus en plus nombreux dans le supérieur (UNESCO, 1994). Leur arrivée pose certains défis, entre autres, dans les programmes professionnalisants dans lesquels les mesures d’accommodements ne s’appliquent pas aux stages comme aux cours. Le premier volet d’une recherche réalisée en Belgique et au Québec auprès des ESH à l’aide d’un questionnaire (Dufour, Dondeyne, Van Nieuwenhoven, 2019) a permis d’éclairer la situation sur les aspects liés aux stages en milieu scolaire. Cette recherche s’inscrit dans une perspective d’inclusion sociale selon la conception du processus de production du handicap de Fougeyrollas (1995) qui s’attarde aux obstacles et aux facilitateurs contextuels plutôt que de mettre l’accent sur le handicap de la personne. La communication présentera les résultats du second volet de la recherche, obtenus par des entretiens semi-dirigés, auxquels ont participé des stagiaires SH interrogés précédemment. L’objectif étant de cerner leur perception comme futurs enseignants en contexte de stage, au regard de leur préparation et leur réalisation, dans une approche non déficitaire (Malo, 2011). Ainsi, il sera question de leur perception de leurs forces et des mesures facilitantes pour surmonter les obstacles rencontrés en stage ainsi que des mesures d’accommodement et d’accompagnement reçues ou souhaitées par les superviseurs et les enseignants associés.
Bien que la recherche sur la formation, l’insertion et le développement professionnel des enseignants soit actuellement bien développée, elle a été dominée par une approche dite déficitaire. Ainsi, la recherche sur les futurs enseignants, les enseignants débutants et les enseignants en fin de carrière s’est souvent concentrée sur les défis et les difficultés que ces enseignants rencontrent plutôt que sur les compétences dont ils disposent et qu’ils peuvent offrir à l’école.
Bien que bien intentionnée et pertinente, cette approche déficitaire positionne les enseignants comme des membres passifs, dépendants et peu compétents. Récemment, inspirés par la théorie du capital social, plusieurs auteurs soulignent la pertinence d’investir dans les collaborations bidirectionnelles et d’investir dans la mise en œuvre d’une culture professionnelle intégrée dans les écoles. Grâce aux interactions et aux réseaux professionnels, les enseignants peuvent apprendre les uns des autres, transférer l’information et avoir accès au savoir et au soutien social (Coburn, Russell, Kaufman et Stein, 2012). Dans une culture d’école professionnelle intégrée, un échange permanent avec chaque membre du personnel enseignant est encouragé. De nombreuses études ont démontré les avantages de cette culture intégrée pour la perception d’autoefficacité des enseignants (Devos et coll., 2012), la motivation intrinsèque (Minarik, Thornton et Perreault, 2003) et la rétention des enseignants en début et en fin de carrière.
Dans ce colloque, nous explorons le processus de préparation, d’intégration et de développement professionnel des enseignants aux différents stades de leur carrière en les considérant comme des ressources et des coconstructeurs de leur école, dans une perspective non réductrice. Ce symposium invite des propositions théoriques et empiriques qui étudient comment les compétences des enseignants nourrissent leur développement professionnel et sont mobilisées au sein de l’établissement scolaire.
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