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Olivier Grenier : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'activité scientifique aujourd'hui fait face à un problème qu'on n'aurait pas osé prédire : l'abondance et la variété des éléments probants disponibles font obstacle à l'accord entre scientifiques sur des conclusions générales. Les méthodologistes et les philosophes des sciences offrent des solutions à ce problème. Pour les partisans des revues systématiques, une procédure d'agrégation doit avoir des critères stricts d'inclusion pour ce qui doit être considéré comme un élément probant. Pour plusieurs philosophes des sciences, c'est la stratégie inverse qui doit être privilégiée : il faut diversifier plutôt que restreindre l'ensemble d'éléments probants pris en compte. Nous explorons les risques épistémiques d'une diversification des éléments probants avec un modèle bayésien d'inférence scientifique. Nous modélisons formellement trois inquiétudes relatives à la diversification des éléments probants qui sont habituellement exprimées informellement : 1) le désaccord sur la pertinence et la fiabilité de certains types d'éléments probants, 2) des éléments probants discordants, et 3) le biais de confirmation. Nous déterminons dans quelle mesure, à l'intérieur des limites de notre modèle, ces inquiétudes sont légitimes. Cette contribution permet aussi de clarifier certaines propositions relatives à l'utilisation de réseaux bayésiens pour aider à l'agrégation de données largement diversifiées.
Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.
Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?
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