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Mathieu Boudreault : UQAM - Université du Québec à Montréal
Après les nombreuses crues printanières qui ont affecté le sud du Québec depuis 2011, le gouvernement du Québec a annoncé en avril 2019 une refonte importante de son programme d’aide financière aux sinistrés. Le programme introduit désormais une couverture limitée à vie de 100 000$ pour les inondations successives, une mesure unique au Canada. Dans cette présentation, nous analysons le coût des inondations successives et les impacts financiers de cette limite de couverture pour les ménages.
Plus précisément, à l’aide de simulations stochastiques, nous projetons le coût des dommages directs pour plusieurs propriétés fictives sur 25 ans, ce qui correspond à la période d’amortissement typique d’une hypothèque. Pour un bâtiment évalué à 250 000$ situé dans une plaine inondable de récurrence 20 ans, nous trouvons que la probabilité que les dommages cumulatifs dépassent la limite est entre 10% et 70% en fonction de la hauteur du premier plancher. Il en résulte que le montant moyen supplémentaire à débourser lorsque la limite est excédée est entre 75 000$ et 150 000$ sur la période de 25 ans. L’introduction d’une limite à vie augmente de façon considérable le risque d’insolvabilité des ménages, principalement dans les dix premières années d’une hypothèque lorsque le solde du prêt est élevé par rapport à la valeur de la propriété.
Le 15 avril 2019 a été lancé le Réseau inondations intersectoriel du Québec (RIISQ), financé par les Fonds de recherche du Québec. Ce réseau regroupe plusieurs universités et de nombreux partenaires, dont des centres de recherche, des municipalités, etc. L’objectif est d’acquérir une meilleure connaissance des inondations en amont du risque, mais aussi de réduire la vulnérabilité des communautés à l’égard de cet aléa qui a pris une ampleur considérable ces dernières années.
À la suite des assemblées publiques de consultation, qui se sont tenues le 4 juillet 2019 dans les 16 régions du Québec concernées par les inondations, le gouvernement a adopté un décret instituant une zone d’intervention spéciale (ZIS) : « Une ZIS est créée dans le but de résoudre un problème d’aménagement ou d’environnement dont l’urgence ou la gravité justifie, de l’avis du gouvernement, une intervention. » Les inondations de 2017 et de 2019 semblent, par leur ampleur, justifier un tel décret : « Le gouvernement peut, par décret, déclarer toute partie du territoire du Québec zone d’intervention spéciale. »
Le gouvernement instaure ainsi un moratoire sur la construction de nouveaux bâtiments et sur la reconstruction de bâtiments détruits par une inondation dans les 779 municipalités visées par ce décret.
Le colloque aborde aussi les risques côtiers, les glissements de terrain et les autres risques naturels qui se manifestent sur le territoire du Québec.
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