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Frederick Clerson Guicherd : University of Arkansas
Si l’agriculture québécoise a su évoluer depuis les trente dernières années et que de nouveaux modèles de production ont émergé, plusieurs des mécanismes de soutien à l’agriculture perdurent. Notamment, les programmes d’ASRA et d’assurance-récolte occupent une part importante des budgets de soutien à l’agriculture depuis près de 50 ans, auxquels se sont ajoutés plus récemment les programmes Agri-Québec. Toutefois, peu d’études ont documenté les facteurs ayant influencé l’apparition et l’évolution de ces programmes.
Ainsi, à partir du concept de farming style de van der Ploeg, cette présentation s’intéresse à l’évolution des politiques québécoises de sécurité du revenu depuis 1990 afin d’identifier en quoi cette évolution suit les changements de l’agriculture québécoise. Pour ce faire, la présentation s’appuie sur cinq études de cas de programmes québécois de sécurité du revenu. Les résultats montrent que le modèle entrepreneurial de la ferme familiale reste celui qui mobilise le plus les politiques. Lorsque d’autres modèles sont mis de l’avant, les changements obtenus ont tendance à être moindres ou à être redéfinis pour correspondre aux demandes de l’agriculture entrepreneuriale. Ces constats s’appuient aussi sur la capacité de certains acteurs à porter des projets politiques, l’organisation des producteurs agricoles et la représentation sociale de l’agriculture.
Plusieurs projets conduits par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) illustrent tour à tour une transition en agriculture et en agroalimentaire, voire une bascule vers un renouvellement. Cette transition traverse les enjeux liés à la diversité des modèles agricoles et à la vitalisation des territoires.
La diversité des modèles
Le modèle unique traditionnel en agriculture chevauche d’autres modèles porteurs de possibilités, notamment pour laisser place à une relève agricole souvent non apparentée, provenant de différentes origines et ayant des parcours atypiques. Outre les modes d’établissement qui se diversifient, il en est de même pour les modèles de production et de mise en marché. Les plateformes numériques se multiplient pour vendre en circuits courts. Des créneaux apparaissent teintés de valeurs environnementales (agriculture raisonnée, biologique, urbaine, régénératrice, de petits fruits, de petits élevages, etc.).
La revitalisation des territoires
Ces projets émergents, souvent innovants et mobilisateurs, sont de véritables moteurs de revitalisation des territoires, des villes, des régions éloignées et nordiques. Face à l’ébullition des modèles agricoles et des canaux de vente, des porteurs de projets aspirent à changer les modèles établis. Dans cet élan, de nouveaux outils, leviers et dispositifs de mise en œuvre sont en cours d’expérimentation : laboratoires et territoires (MAPAQ), fiducies d’utilité sociale agricole (FUSA), incubateurs d’entreprises agricoles, modèles de souveraineté alimentaire autochtone, etc.
Quelles résiliences?
Cette transition soulève des questions. Est-ce que les politiques publiques sont adaptées à cette nouvelle réalité? Quelle échelle de territoire (locale, régionale, provinciale) conviendrait le mieux, et pour faire quoi? Quels codes de référence communs permettraient d’intégrer les spécificités socioculturelles émergeant du territoire? Comment innover dans les pratiques et sur le terrain pour accompagner ces nouveaux modèles?
Dans ce monde agricole et agroalimentaire en transition, les impacts sont transversaux. Ce colloque souhaite donc faire avancer la réflexion en lien aux pratiques, tant avec les acteurs de la recherche qu’avec ceux qui sont engagés sur le terrain.
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