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Sue-Ann Macdonald : Université de Montréal
Dans cette présentation, nous nous appuyons sur une étude de cas portant sur les services destinés aux personnes en situation d’itinérance dans un centre de santé et de services sociaux au Québec. Nous reprenons le point de vue des utilisateurs de services, des personnes en situation d’itinérance, en explorant les notions d’autonomisation et d’impuissance à partir des concepts de stigmatisation et de résilience. Nous explorons les manières dont les personnes qui vivent l’itinérance (souvent décrit en termes passifs) comprennent ces tensions et les dynamiques en jeu dans les relations professionnelles et les contraintes structurelles et systémiques qui les poussent involontairement à adopter des stratégies de résilience. Les participants ont décrit leurs capacités et leurs difficultés à naviguer et à négocier les services en temps voulu ainsi que la déception et l’impuissance qu’ils ont ressenti. À travers leurs récits, nous observons que l’impuissance perçue a produit une forme d’autonomisation inédite.
Lorsqu’on analyse la prise en charge des populations itinérantes, nous pouvons constater que les pratiques d’intervention ont drastiquement changé au cours des dernières décennies. Au tournant du 20e siècle, les pratiques étaient plutôt à l’enfermement, à la moralisation et à la répression collective des problèmes sociaux; aujourd’hui, cette tendance s’est inversée pour aller vers l’accompagnement, la compassion, le care, bref, ce que certains nomment le souci de l’autre en tant qu’individu (Aranguiz, 2000; Astier, 2007; Christie, 2005; Côté, Renard-Robert et MacDonald, sous presse; Grimard, 2011; Molinier, Lauger et Paperman, 2009). L’itinérance est même de plus en plus abordée comme un problème public, laissant de côté l’hypothèse individuelle dans l’analyse des causes du basculement à une trajectoire de rue (Choppin et Gardella, 2013). À cet égard, peu de travaux ont été faits sur ces points de chute, ces moments de basculement dans une vie en situation d’itinérance. L’objectif de ce colloque serait de mieux comprendre le passage à la rue. Cela permettrait d’en savoir plus sur les expériences vécues et permettrait, par ailleurs, de réfléchir en amont à l’ajustement des pratiques d’intervention aux réalités vécues par les personnes à la rue.
Au cours de cette journée, nous aimerions que des étudiant.e.s, des chercheur.e.s, des intervenant.e.s sociaux.ales et des décideur.euse.s public.que.s présentent sur : a) les conjonctures institutionnelles, structurelles et individuelles qui entourent la venue à la rue; b) les pratiques d’intervention adaptées (ou pas) aux réalités des nouvelles personnes en situation d’itinérance; c) les stratégies développées par les personnes en situation d’itinérance pour faire face à cette nouvelle réalité; et d) les tensions entre le basculement dans l’itinérance et la sortie de celle-ci.
Construite à la manière des présentations « en 180 secondes », cette journée servira à (re)visiter des enquêtes ou des questionnements liés à l’itinérance de manière accélérée en laissant plus de place aux discussions et à la création de liens entre les chercheur.e.s, les décideur.euse.s, les étudiant.e.s et les professeur.e.s présent.e.s. Permettant de dynamiser les présentations, ce colloque veut sortir du cadre habituel pour (re)voir les enquêtes, les constats et les réflexions sur les questions du passage à l’itinérance (les points de bascule), les stratégies de débrouille, de résilience et de résistance qui se manifestent dans les trajectoires à la rue ainsi que les différentes stratégies d’intervention qui y sont liées (ou qui manquent). Les contributions devront être faites avec un temps de présentation court et seront toutes suivies de 12 à 15 minutes de discussion. Le colloque sera également l’occasion de lancer un ebook qui sera constitué des communications sous forme d’article synthétique.
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