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Jean-Philippe Warren : Université Concordia
Après avoir été totalement absentes du champ journalistique, les femmes investissent les rubriques féminines à
la fin du XIXe siècle, tout en restant résolument minoritaires. En 1936, une jeune femme écrit à « tante Odile » pour connaître les débouchés qui s'offrent à elle dans le domaine du journalisme. La réponse est décourageante: « Il est très difficile de devenir journaliste au Canada français. Ici les femmes ne sont pas admises dans les salles de rédaction. Pour "être de la profession", je dois avouer qu'il faut avoir du cran. » Une des rares Canadiennes françaises à vivre de sa plume avant la Révolution tranquille, Odette Oligny suit une carrière qui reproduit de près les caractéristiques du champ journalistique de son époque. Elle meurt à Montréal, le 2 mai 1962, laissant dans ses archives un témoignage représentatif de la place des femmes dans la presse canadienne-française. (Communication présentée conjointement avec Marie-Andrée Bergeron).
La question des archives du livre a suscité, au cours des dernières années, plusieurs colloques et projets de recherche. Les chercheures et chercheurs qui s’y sont confrontés n’ont pu que constater la présence évanescente et feutrée des femmes et de leurs trajectoires au sein de ces masses de documents. C’est précisément cette question que ce colloque souhaite soulever de manière frontale : quelles sont les traces laissées par les femmes dans les archives du livre et de l’imprimé?
Longtemps écartées de tout poste à responsabilité, les femmes ont développé des stratégies alternatives, qui nous obligent à penser autrement la recherche sur leurs pratiques. La mise à la marge des femmes dans le monde de l’imprimé au Québec et l’obligation de renouveler nos approches de recherche seront les deux axes autour desquels s’organisera le colloque :
Axe 1. Questions institutionnelles
Le récit de l’histoire du livre et de l’imprimé au Québec, au moins jusqu’aux années 1970, est celui d’un monde d’hommes. Si notre connaissance de l’histoire des femmes écrivaines et journalistes s’affine de plus en plus, reste à éclairer celle de leur présence au sein des maisons d’édition, du monde de l’illustration, des imprimeries, des librairies, des associations. Les communications de cet axe permettront, à partir d’archives (au format papier ou audiovisuel), de mieux cerner la présence des femmes dans l’histoire de l’imprimé au Québec.
Axe 2. Questions de méthode
Où trouver les traces du travail des femmes dans le milieu du livre et de l’imprimé? Plus leur action est éloignée dans le temps, plus les chercheures et chercheurs doivent faire preuve d’inventivité pour débusquer même les faits biographiques les plus banals. Les communications de cet axe nourriront une réflexion inédite sur les spécificités des archives laissées par les femmes et sur la nécessité de développer de nouvelles méthodes pour appréhender ces objets.
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