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Ann Lévesque : UQO - Université du Québec en Outaouais
Dès le début de sa maîtrise, Ann Lévesque a sollicité le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki pour qu’il lui donne le chemin à suivre pour rejoindre ses membres dans le cadre d’un projet de recherche portant sur les enjeux de gestion agriculture-faune au lac Saint-Pierre. Cette conférence, sous forme de témoignage, présentera les étapes qui l’a menée à développer un partenariat en recherche avec le bureau de coordination de la recherche du Ndakina : de la première rencontre à Wôlinak à la diffusion de l’article scientifique The pitchfork or fishhook: a multi-stakeholder perspective towards intensive farming in floodplains. Durant son témoignage, Mme Lévesque parlera aussi des avantages de cette démarche lui a apportée, tant sur le plan humain qu'académique.
Ann Lévesque, candidate au doctorat à l’Université du Québec en Outaouais (UQO)
La recherche universitaire au Canada assiste à de plus en plus d’initiatives de réconciliation avec les peuples autochtones et à des tentatives d’autochtonisation d’institutions et de pratiques. Ces mouvements, inspirés par la critique décoloniale, visent à ce que les recherches servent en premier lieu aux communautés concernées (Smith, 2013). L’approche par recherche-action participative et les recherches partenariales ou collaboratives se présentent comme des méthodes valorisées pour mobiliser les communautés dans ce processus (Éthier, 2010). Ce surcroît d’intérêt des chercheurs et des étudiants pour les études autochtones est aussi lié à des possibilités de financement.
Cette situation contribue à une réappropriation de la recherche et de la parole par les communautés. Plusieurs ont démontré que cette démarche valide les études et contribue à bonifier les résultats qui en découlent (Asselin et Basile, 2012). De plus, les innovations sociales provenant du monde autochtone profitent à la société et aux recherches en général, en valorisant des perspectives et des épistémologies marginalisées (Smith, 2013).
Toutefois, cette popularisation des études autochtones n’est pas à l’abri des effets de mode. L’approche communautaire en recherche comporte aussi des limites et pose plusieurs défis et dilemmes. En outre, des concepts tels que la réconciliation et l’autochtonisation sont lourds de sens et doivent être employés avec parcimonie. De plus, ces approches ne garantissent pas qu’il ne puisse s’opérer une hiérarchisation des savoirs et des rôles dans les équipes et dans la répartition du financement. Il convient donc de réfléchir à ces nouvelles pratiques et aux manières de mener des études en milieux autochtones dans ce nouveau contexte en émergence.
Nous invitons des acteurs des milieux autochtones et leurs partenaires à venir échanger leurs expériences et leurs points de vue. Nous interrogerons des manières d’éviter des dérives et diverses formes d’instrumentalisation. Nous aborderons les défis (politiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques) liés à la mobilisation des savoirs, les conditions gagnantes pour que les gens des milieux autochtones s’approprient les recherches et des stratégies pour arrimer les innovations sociales communautaires à celles du milieu académique.
De par sa formule interdisciplinaire et internationale, le colloque encouragera un réseautage et un échange de bonnes pratiques. Il contribuera à sensibiliser les conférenciers et l’auditoire à plusieurs défis et écueils qui guettent les études adoptant des méthodologies communautaires.
L’événement est organisé par le Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. La présence de l’organisation de la Nation W8banaki soulignera du fait même que la 88e édition du congrès de l’Acfas se tient sur son territoire ancestral. Le colloque regroupera des instituts culturels ou des instituts de recherche de plusieurs nations autochtones et des chercheurs de plusieurs universités.
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