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Pratiques, valeurs et légitimités dans un mouvement scientifique amateur, le cas du biohacking

GB

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Guillaume Bagnolini : Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Résumé de la communication

Le mouvement de biohacking ou Do-It-Yourself biology (DIYbio) émerge dans les années 2000 suite au développement de la biologie synthétique et se répand très rapidement à l’échelle mondiale. C’est un mouvement scientifique amateur ,pouvant être décrit comme la réalisation d'études scientifiques et techniques en biologie en dehors des institutions officielles. Les biohackers peuvent réaliser leurs expériences chez eux dans leur cuisine ou leur garage en les aménageant en laboratoire. D’autres vont se retrouver dans des lieux d'expérimentation collectives. Comme l’indique Sophia Roosth, il s’agit de pratiques politiques ayant un aspect contestataire des milieux académiques, de la politique de la recherche scientifique gouvernementale, et du système économique industriel. Les biohackers souhaitent que les connaissances scientifiques et techniques se diffusent librement sans contrainte. Dans le cadre de cette proposition, je souhaiterai présenter un bref historique du développement du biohacking en France. En me basant sur mon analyse anthropologique et une observation participante au sein d'un biohackerspace lyonnais, je souhaiterais décrire les modes de travail en commun et les pratiques d'expérimentation et de construction de connaissances entre scientifiques professionnels et non-professionnels. Par la suite, j’analyserais les problèmes de légitimité des connaissances produites dans ces espaces et l'impossible dialogue vis-à-vis des institutions académiques.

Résumé du colloque

« Une autre science est possible : science collaborative, science ouverte, science engagée, contre la marchandisation du savoir », proposait-on il y a 10 ans lors du colloque de fondation de l’Association science et bien commun. Depuis cet événement, nous nous sommes interrogés avec plus de 200 chercheuses et chercheurs des pays du sud et du nord, professionnels et citoyens, notamment sur les politiques scientifiques, la science comme outil de développement durable, la liberté universitaire, la responsabilité sociale des chercheurs et chercheuses, la science ouverte, le libre accès et la justice cognitive.

Aujourd’hui, comment s’articulent les différentes visions des sciences? Entre l’idéal de la science néolibérale vectrice d’un développement économique mondialisé, l’idéal de la science positiviste qui existe à côté de la société, motivée par la découverte d’une Vérité unique sans égard aux besoins et aux conséquences, l’idéal de la science engagée dans laquelle les savoirs deviennent actifs, vecteurs de progrès social — mais au profit de qui? —, et l’idéal de la science ouverte, qui reconnaît la diversité des savoirs et invite le dialogue — mais peut-être au détriment de son propre pouvoir et d’une certaine cohésion sociale?

Quelles formes prennent aujourd’hui les idéaux alternatifs de la science ouverte, engagée ou inclusive? À quelles activités scientifiques sont-ils associés? Existent-ils encore en marge, peu reconnus, peu soutenus? Devant la crise des changements climatiques et celle de la pandémie de la COVID-19, prennent-ils une nouvelle importance ou sont-ils dénaturés? Comment pourraient-ils être mieux soutenus par les politiques scientifiques des divers pays, par les actions des universités partout dans le monde, et par les chercheurs et chercheuses au nord comme au sud? Quels sont les nouveaux domaines prioritaires émergés ou émergents de la science ouverte, engagée ou inclusive; biodiversité, agroécologie, droits de la personne, énergies?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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