Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alexandre Monnin : Groupe ESC Clermont / Origens Medialab
Le design et les communs ont partie liée depuis plusieurs années. Au soin d’une ressource prise en charge par un collectif répond la nécessité de designer les règles de gouvernance démocratique de ce commun. Celui-ci est souvent réduit à un triptyque canonique : ressource - communauté - règles de gestion démocratiques. Or, ce schéma appelle bien des commentaires. On voit d’ailleurs fleurir les tentatives visant à « dé-gestionnariser » les communs pour leur restituer une dimension politique et institutionnelle ou encore à les concevoir au-delà de la notion de ressource et des perspective extractivistes qu’elle ouvre (le commun « plus-qu’humain » – autre chantier que partage le design). D’autre part, plusieurs concepts ont émergé afin d’affiner la pensée des communs. Parmi ceux-ci, nous en avons proposé un, celui de « commun négatif » , qui tente d’attirer l’attention sur d’autres réalités, au-delà du scénario classique d’une ressource qu’un ensemble d’acteurs entendrait s’approprier (dans le sillage de la tragédie des communs). Aujourd’hui se pose la question de ces réalités, typiques de l’Anthropocène, que personne ne veut prendre en charge et qui seront cependant suffisamment abondantes dans les années à venir pour s’imposer à nous (infrastructures en déshérence, sols pollués, énergies fossiles à laisser dans les sous-sols...). Nous présenterons une typologie de ces communs négatifs qui obligent à repenser en profondeur la relation de soin et le design qui lui est associé."
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
Titre du colloque :
Thème du colloque :