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Emmanuel Benoit : SEDAP
Un jeune français sur quatre âgé de 17 ans (A. Brissot & al. 2018) a déjà joué à des jeux d’argent et de hasard au cours des 12 derniers mois et plus précisément aux jeux de grattage et de tirage. Les usages des jeux d’argent sont facilités par Internet : les paris sportifs et le poker, sont en hausse par rapport à 2011. Parmi les joueurs de 17 ans, 7,0 % seraient des joueurs à risque modéré et 1,6 % des joueurs excessifs, au cours de l’année. Cependant, aucun outil n’avait été validé en France, et la revue de la littérature[1] a fait ressortir un consensus sur la nécessité d’une prévention précoce dans le domaine des JAH avec des stratégies d’intervention validées auprès d’adolescents.
L’objectif de cette intervention est de présenter le programme éducationnel BIEN JOUER qui est le résultat de la validation de l’efficacité des activités proposées par BIEN JOUER, menées en milieu scolaire auprès d’adolescents de 15 à 17 ans. Les cohortes expérimentales constituées d’élèves de classe de 1ère, en lycées générale et technique (550 jeunes de 16 à 17 ans, répartis en groupe de 8 à 15 lycéens) ont entre le pré-test et le post-test et par rapport à un groupe témoin durant la 3ème expérimentation, améliorer leurs représentations face aux conséquences liées aux pratiques de JAH. Un comité de pilotage et de chercheurs a encadré cette recherche
[1] Guide recherche : BIEN JOUER – SEDAP 2020
Bien que les technologies utilisées pour diffuser les activités de jeux se soient énormément développées, nous constatons que la prise en charge clinique, le dépistage, la prévention et la recherche ont de leur côté peu profité de ce même essor. En effet, à l’heure actuelle, alors que des centres de soins existent, seulement de 2 à 7 % des personnes y auraient recours, et ce, plusieurs années après l’apparition des problèmes de jeu. Pour quelles raisons ? Comment encourager les demandes d’aide ?
Ce colloque de 2021 s’inscrit dans la continuité de notre première édition au congrès de l’Acfas 2019.
Dans la première partie du colloque, nous questionnerons d’abord les évolutions des pratiques de jeux en général et celles des jeux d’argent en particulier, à l’aune d’un processus de « gam(bl)ification » qui conduirait à la fois à une hybridation des pratiques ludiques et à une extension du domaine du jeu. Puis, nous nous pencherons plus spécifiquement sur les évolutions du secteur des jeux d’argent au regard de la façon dont se construit l’offre et la demande de jeux selon les pays et dont on peut agir sur le consommateur en termes de prévention de l’addiction et de réduction des risques.
Dans la seconde partie, nous nous intéresserons plus précisément aux dispositifs de prévention appliqués aux pratiques de jeux en ligne et à leurs utilisateurs, que ceux-ci soient joueurs de poker en ligne, usagers d’applications mobiles, gamers ou encore joueurs de e-sport. Enfin, nous découvrirons de nouvelles perspectives de soins en matière d’addiction au jeu et de cyberdépendance, en portant une attention particulière aux stratégies de sensibilisation, de déstigmatisation et de prévention possibles dans le but de développer l’accessibilité des soins auprès des populations les plus vulnérables.
Nous espérons que ce colloque sollicitera de nouvelles collaborations et de nouvelles perspectives communes de travail sur la question de l’accessibilité et de l’acceptabilité des soins, non seulement dans le domaine du jeu excessif et de l’addiction comportementale, mais également, plus largement, dans le domaine de la santé mentale.
Titre du colloque :