Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Virginie März : Université catholique de Louvain
Cette communication vise à présenter une synthèse de la littérature concernant l’utilisation d’une approche non-déficitaire pour comprendre l’insertion professionnelle des enseignants débutants. Tant la recherche que la pratique ont été dominées depuis longtemps par une perspective dite déficitaire. L’accent est traditionnellement mis sur la difficulté des enseignants débutants à s'adapter aux normes et aux attentes de leur école. Ainsi, ces études placent les enseignants débutants dans un rôle plutôt passif et ignore le potentiel lié à l'arrivée de nouveaux membres dans une école. Récemment, des études inspirées par une perspective non-déficitaire ont souligné la pertinence de considérer les enseignants débutants comme des ressources pour l'école (voir Correa et al., 2015; Fleming, 2014; Fox & Wilson, 2008, 2009 ; März & Kelchtermans, 2020 ; März & Van Nieuwenhoven, sous presse). Outre leur besoin de soutien, ils ont également des connaissances et de l’expertise à offrir. Avoir la possibilité d'échanger leurs ressources est perçu comme un facteur important de développement de l'auto-efficacité des débutants et de développement organisationnel d’une école. Cette communication donne un aperçu de la manière dont la perspective non-déficitaire nous permet de comprendre l’insertion des enseignants débutants, des approches méthodologiques utilisées et des perspectives pour des recherches complémentaires.
Bien que la recherche sur la formation, l’insertion et le développement professionnel des enseignants soit actuellement bien développée, elle a été dominée par une approche dite déficitaire. Ainsi, la recherche sur les futurs enseignants, les enseignants débutants et les enseignants en fin de carrière s’est souvent concentrée sur les défis et les difficultés que ces enseignants rencontrent plutôt que sur les compétences dont ils disposent et qu’ils peuvent offrir à l’école.
Bien que bien intentionnée et pertinente, cette approche déficitaire positionne les enseignants comme des membres passifs, dépendants et peu compétents. Récemment, inspirés par la théorie du capital social, plusieurs auteurs soulignent la pertinence d’investir dans les collaborations bidirectionnelles et d’investir dans la mise en œuvre d’une culture professionnelle intégrée dans les écoles. Grâce aux interactions et aux réseaux professionnels, les enseignants peuvent apprendre les uns des autres, transférer l’information et avoir accès au savoir et au soutien social (Coburn, Russell, Kaufman et Stein, 2012). Dans une culture d’école professionnelle intégrée, un échange permanent avec chaque membre du personnel enseignant est encouragé. De nombreuses études ont démontré les avantages de cette culture intégrée pour la perception d’autoefficacité des enseignants (Devos et coll., 2012), la motivation intrinsèque (Minarik, Thornton et Perreault, 2003) et la rétention des enseignants en début et en fin de carrière.
Dans ce colloque, nous explorons le processus de préparation, d’intégration et de développement professionnel des enseignants aux différents stades de leur carrière en les considérant comme des ressources et des coconstructeurs de leur école, dans une perspective non réductrice. Ce symposium invite des propositions théoriques et empiriques qui étudient comment les compétences des enseignants nourrissent leur développement professionnel et sont mobilisées au sein de l’établissement scolaire.
Titre du colloque :
Thème du colloque :