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Recherche et enseignement : pour une réelle archéologie collaborative

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Erik Langevin : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

L'intégration de gens des Premières Nations aux interventions archéologiques est devenue chose commune. En effet, du moment où les travaux se font à proximité d'une communauté, il est de bon ton de faire participer des membres de celle-ci. Il convient pourtant de se questionner sur les retombées réelles de cette pratique. En effet, de la même manière que des gens des communautés sont appelés à être présents lorsque vient le temps de construire une centrale hydroélectrique, l'intégration aux projets se limite le plus souvent à la phase terrain. Dans ce contexte, on doit se questionner sur les objectifs de cette collaboration. Y a-t-il une réelle formation qui pourrait mener un jour à une certaine autonomisation, à une prise en main de la discipline par les communautés ellesmêmes?

En 2019, l'Université du Québec à Chicoutimi a créé un programme court en archéologie pour les Premières Nations qui visent à développement l'« empowerment » des communautés dans le domaine de l'archéologie. Dans le cadre de ce cheminement qui n'est en soit qu'un premier pas, les étudiants recevraient une formation de base qui leur permet d'acquérir une formation en amont et en aval du terrain archéologique.

Résumé du colloque

La recherche universitaire au Canada assiste à de plus en plus d’initiatives de réconciliation avec les peuples autochtones et à des tentatives d’autochtonisation d’institutions et de pratiques. Ces mouvements, inspirés par la critique décoloniale, visent à ce que les recherches servent en premier lieu aux communautés concernées (Smith, 2013). L’approche par recherche-action participative et les recherches partenariales ou collaboratives se présentent comme des méthodes valorisées pour mobiliser les communautés dans ce processus (Éthier, 2010). Ce surcroît d’intérêt des chercheurs et des étudiants pour les études autochtones est aussi lié à des possibilités de financement.

Cette situation contribue à une réappropriation de la recherche et de la parole par les communautés. Plusieurs ont démontré que cette démarche valide les études et contribue à bonifier les résultats qui en découlent (Asselin et Basile, 2012). De plus, les innovations sociales provenant du monde autochtone profitent à la société et aux recherches en général, en valorisant des perspectives et des épistémologies marginalisées (Smith, 2013).

Toutefois, cette popularisation des études autochtones n’est pas à l’abri des effets de mode. L’approche communautaire en recherche comporte aussi des limites et pose plusieurs défis et dilemmes. En outre, des concepts tels que la réconciliation et l’autochtonisation sont lourds de sens et doivent être employés avec parcimonie. De plus, ces approches ne garantissent pas qu’il ne puisse s’opérer une hiérarchisation des savoirs et des rôles dans les équipes et dans la répartition du financement. Il convient donc de réfléchir à ces nouvelles pratiques et aux manières de mener des études en milieux autochtones dans ce nouveau contexte en émergence.

Nous invitons des acteurs des milieux autochtones et leurs partenaires à venir échanger leurs expériences et leurs points de vue. Nous interrogerons des manières d’éviter des dérives et diverses formes d’instrumentalisation. Nous aborderons les défis (politiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques) liés à la mobilisation des savoirs, les conditions gagnantes pour que les gens des milieux autochtones s’approprient les recherches et des stratégies pour arrimer les innovations sociales communautaires à celles du milieu académique.

De par sa formule interdisciplinaire et internationale, le colloque encouragera un réseautage et un échange de bonnes pratiques. Il contribuera à sensibiliser les conférenciers et l’auditoire à plusieurs défis et écueils qui guettent les études adoptant des méthodologies communautaires.

L’événement est organisé par le Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. La présence de l’organisation de la Nation W8banaki soulignera du fait même que la 88e édition du congrès de l’Acfas se tient sur son territoire ancestral. Le colloque regroupera des instituts culturels ou des instituts de recherche de plusieurs nations autochtones et des chercheurs de plusieurs universités.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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