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Julie Golliot : Université de Toulon
L’intégration des TNIC dans le contexte de la santé, censée apporter efficacité et efficience, est soumise à l’étude critique par A.Mayère [1] ou P.Delcambre [2]. Des études et évaluations supputent que les Serious Game (SG) améliorent l’efficacité de la rééducation fonctionnelle en impliquant les patients et en suscitant leur autonomie. D’autre part, J.Alvarez [3] a étudié les conditions d’appropriation des SG et nos travaux [4,5] soulignent l’évolution des pratiques soignantes et la stimulation de l’engagement des patients.
Suite à un AVC ou à un traumatisme crânien, les patients peuvent présenter des troubles des fonctions exécutives mais ne pas en avoir conscience [6]. Notre co-conception d’un SG thérapeutique dans le cadre d’une Recherche-Intervention mêlant approches technocentrée et ethnocentrée s’est basée sur un processus itératif où se sont alternés observations en rééducation, entretiens avec les thérapeutes, séances de créativité et tests utilisateurs [5,7]. A partir d’eux, nous avons mené une analyse de l’activité pour favoriser un transfert dans la vie quotidienne, garant d’un retour à l’autonomie du patient [3,8]
Notre étude confirme l’adhésion des patients et des soignants ainsi que l’intérêt thérapeutique du dispositif. Toutefois, nous soulignons que l’innovation située dans les pratiques de rééducation ne peut suffire à garantir une pérennité thérapeutique si l’organisation ne s’implique pas dans sa traduction organisationnelle et communicationnelle [1, 4]
L’accès de plus en plus facile à de l’information de plus en plus spécialisée, le développement de technologies aux capacités d’intégration et de mise en réseau, et les attentes croissantes en matière de rapidité et d’individualisation des soins sont autant d’éléments qui soutiennent la transition numérique du secteur de la santé.
Dans un travail de rationalisation classique des processus de santé, il s’agit d’intégrer individus et objets techniques dans des écosystèmes de plus en plus vastes et perméables. Se posent alors les questions d’optimisation des parcours et des procédures, avec l’aide de la distribution et du partage des données. Sur un plan technique, nous pouvons nous interroger sur le développement d’applications et de logiciels avec de grandes capacités de connexion et de mise en réseau. Sur un plan organisationnel, la question de la transformation des métiers et de la réingénierie des processus se pose. Sur un plan relationnel, il faut reconnaître également la transformation des relations dans les trajectoires de santé.
Ces trois aspects convergent vers une redéfinition des rôles (personnel soignant, patients experts, tiers aidants, etc.) et des attentes des patients et de leurs proches, ainsi que des espaces où s’articulent ces relations (extension et porosité des organisations de santé par le développement du dossier patient numérique et de l’« e-santé », sous l’influence de la télémédecine, du Web social, de l’internet des objets, etc.).
Ce colloque se veut l’occasion de poursuivre les réflexions sur les transformations dans les trajectoires de maladie en matière d’espaces (organisations, communautés en ligne), de processus (changement organisationnel, trajectoires de maladie et de soin) et de relations (relation soignant-soigné, place des tiers aidants, reconfigurations de l’expertise, etc.) en lien avec la numérisation de la société.
Titre du colloque :