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Thibault Coppe : Université catholique de Louvain
Les études sur l’insertion professionnelle des enseignants se focalisent souvent sur le « faire la classe ». Or, cantonner le métier à cette perspective micro ne permet pas d’interroger les aspects relationnels et organisationnels qui correspondent à la prise de rôle d’un novice au sein de l’école (März, Gaikhorst, & Van Nieuwnhoven, 2019). Cette prise de rôle se réfère au concept de socialisation organisationnelle, défini comme un processus d’apprentissage continu et dynamique de l’enseignant en milieu de travail lui permettant d’acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour être un membre à part entière de son école (Chao, 2012 ; Coppe et al., soumis ; Mukamurera, 2011). Des recherches récentes mettent également en évidence que ce processus est trop souvent empreint d’une vision déficitaire du novice qui n’est alors pas considéré comme une ressource pour l’école, ce qui peut avoir un impact négatif sur son processus de socialisation (März & Kelchtermans, 2019). En tant que phase de socialisation anticipée (Lacaze, 2007), la formation initiale des enseignants permet d’outiller le futur enseignant à réaliser au mieux son processus de socialisation sur son futur lieu de travail. Notre contribution poursuit deux objectifs. D’une part, porter un regard sur le stage comme première expérience de socialisation organisationnelle, et, d’autre part, comprendre l’importance de la place du stagiaire en tant que ressource dans ce processus
Bien que la recherche sur la formation, l’insertion et le développement professionnel des enseignants soit actuellement bien développée, elle a été dominée par une approche dite déficitaire. Ainsi, la recherche sur les futurs enseignants, les enseignants débutants et les enseignants en fin de carrière s’est souvent concentrée sur les défis et les difficultés que ces enseignants rencontrent plutôt que sur les compétences dont ils disposent et qu’ils peuvent offrir à l’école.
Bien que bien intentionnée et pertinente, cette approche déficitaire positionne les enseignants comme des membres passifs, dépendants et peu compétents. Récemment, inspirés par la théorie du capital social, plusieurs auteurs soulignent la pertinence d’investir dans les collaborations bidirectionnelles et d’investir dans la mise en œuvre d’une culture professionnelle intégrée dans les écoles. Grâce aux interactions et aux réseaux professionnels, les enseignants peuvent apprendre les uns des autres, transférer l’information et avoir accès au savoir et au soutien social (Coburn, Russell, Kaufman et Stein, 2012). Dans une culture d’école professionnelle intégrée, un échange permanent avec chaque membre du personnel enseignant est encouragé. De nombreuses études ont démontré les avantages de cette culture intégrée pour la perception d’autoefficacité des enseignants (Devos et coll., 2012), la motivation intrinsèque (Minarik, Thornton et Perreault, 2003) et la rétention des enseignants en début et en fin de carrière.
Dans ce colloque, nous explorons le processus de préparation, d’intégration et de développement professionnel des enseignants aux différents stades de leur carrière en les considérant comme des ressources et des coconstructeurs de leur école, dans une perspective non réductrice. Ce symposium invite des propositions théoriques et empiriques qui étudient comment les compétences des enseignants nourrissent leur développement professionnel et sont mobilisées au sein de l’établissement scolaire.
Titre du colloque :