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Religion et laïcité au Cameroun : la ritualisation de la spiritualité et des pratiques rituelles dans l’administration publique

MM

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Moussa Mounpiekouo Mouliom : Université de Douala

Résumé de la communication

Au nom de la laïcité de l’État et de la liberté de culte au Cameroun, les fonctionnaires emportent leurs religions dans leurs lieux de travail, lieux supposés être laïcs. Les pratiques religieuses s’expliquent par le fait que la religion occupe une place centrale dans la vie quotidienne. Dans ce contexte, la religion se positionne non seulement comme un élément de marquage social, mais aussi comme un outil de revendication identitaire, de mobilisation et de guide des conduites des fonctionnaires. Elle reconfigure profondément les diverses interactions entre fonctionnaires et usagers. Les données, issues des observations directes et des entretiens semi-directifs réalisés avec 30 usagers et fonctionnaires de trois ministères à Yaoundé (capitale du pays), révèlent les formes particulières de mépris et d’indifférence caractérisant les rapports sociaux dans l’administration publique. Toutefois, ces pratiques religieuses (et occultes) traduisent les formes d’inattention publique doublées d’une bureaucratie en crise. Car, elles participent à la remise en question de la déontologie professionnelle du service public, à l’instar de la prise en compte du caractère laïc de l’État ou l’exigence de la neutralité des fonctionnaires, et une entorse au rendement. Et, elles constituent une réalité effective de cohabitation et de tolérance religieuse, de conciliation et de partage des subjectivités au travail.

Résumé du colloque

Dans un contexte de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté (Nandram et Bindlish, 2017), les tensions qui émergent dans les démocraties suscitent divers bouleversements. Ces bouleversements qui se manifestent à notre époque poussent plusieurs acteurs sociaux à mobiliser la notion de vivre-ensemble comme cadre normatif de vie en commun. Ces positionnements normatifs interpellent les chercheur.e.s depuis plus d’une décennie (voir, par exemple, Perraton et Bonenfant, 2009). Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à explorer les terrains de ces bouleversements et leur amplitude. Le colloque aborde notamment les questions suivantes : comment les acteurs de la société civile définissent-ils le vivre-ensemble? Comment cette notion est-elle mobilisée, mise en pratique et vécue dans la société et les organisations?

Ce colloque propose de se pencher sur cette problématique en tentant de cerner les contenus concrets et symboliques du vivre-ensemble, tout en explorant ses limites (en relevant ce qui ne concerne pas le vivre-ensemble dans les sociétés modernes). L’événement sera structuré selon trois axes : 1) droit et diversité; 2) entreprises et religions; et 3) identité et radicalisation. Chacun des axes orientera les contributions des participant.e.s en fonction de certaines thématiques. L’axe « droit et diversité » interpellera des chercheur.e.s qui travaillent, entre autres, sur les questions de la laïcité, de la langue et des cultures autochtones (le vivre-ensemble après l’adoption de la loi 21 au Québec ou à la suite de la Commission de vérité et réconciliation). L’axe « entreprises et religions » se concentrera sur les espaces ouverts par le religieux dans le monde du travail (les entreprises de tendance, l’intégration économique des immigrants dans un contexte pluriel). L’axe « identité et radicalisation » s’intéressera à l’émergence de la radicalité dans divers espaces démocratiques (populisme et montée des extrêmes, rôles et positionnements des médias face aux radicalismes, processus de radicalisation menant à la violence). Sans se limiter à ces exemples, les communications présentées s’inscriront en lien avec l’un de ces axes.

Tout en tentant de fournir des pistes afin de mieux comprendre les bouleversements sociaux et les chocs de valeurs que ces bouleversements entraînent, ce colloque vise également un objectif méthodologique en favorisant la présentation de recherches systématisant les analyses interdisciplinaires en provenance des sciences juridiques, de la sociologie, de l’anthropologie, de la théologie et des sciences des religions.

Nandram, Sharda S. et Puneet K. Bindlish (2017), Managing VUCA Through Integrative Self-Management: How to Cope with Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity in Organizational Behavior, Cham, Springer International Publishing.

Perraton, Charles et Maude Bonenfant (réd.) (2009), Vivre ensemble dans l’espace public, Québec, Presses de l’Université du Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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