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Scolarisation des jeunes filles dans le nord de la Côte d’Ivoire : bilan et perspectives à l’orée 2021

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Fatoumata Bamba : Université Jean Lorougnon Guédé

Résumé de la communication

Le développement de l’Afrique ne peut être envisagé qu’avec une implication des femmes. Pourtant, dans les régions nord de la Côte d’Ivoire, les filles ont longtemps été exclues du système éducatif pour de multiples raisons, au mépris des textes législatifs accordant un droit à l’éducation pour tous. Notre contribution à ce débat, sur la volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine, met en exergue les facteurs de déscolarisation des filles, les progrès réalisés et les perspectives. Les résultats de cette communication sont issus d’enquêtes du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Continue, des statistiques de l’Institut National des Statistiques de la Côte d’ Ivoire, des institutions internationales et des entretiens réalisés auprès des parents de filles non scolarisées. Cette marginalisation des filles tire ses fondements du poids de la tradition, de la pauvreté et d'une interprétation erronée des lois islamiques. Toutefois, à l’examen des statistiques, la scolarisation des filles connaît une amélioration s’expliquant par la sensibilisation, la déconstruction des clichés défavorables, la politique de l’école obligatoire initiées par le gouvernement ivoirien et la construction d’infrastructures scolaires. Dans ce débat portant sur l’Africanologie, notre travail s’inscrit dans le thème : Bilan de l’éducation en Afrique.

Résumé du colloque

Le concept d’africanologie (Diakité, 2016) se définit, selon son concepteur, comme :

« Une discipline réflexive née de la jonction des sciences philosophiques, expérimentales, des cultures africaines, occidentales et des sciences humaines. Elle est un champ interdisciplinaire qui commence d’abord par la philosophie, passe de là aux sciences humaines et s’achève dans les sciences expérimentales. L’Africanologie est une tétraphilosophie; c’est-à-dire qu’elle est à la fois une géophilosophie, une historiophilosophie, une sociophilosophie et une médicophilosophie. Elle se définit donc comme une scientophilosophie, c’est-à-dire l’étude clinique, scientifique et philosophique de l’Afrique à partir de sa genèse et de son fonctionnement en tenant compte de son histoire, de ses cultures, de ses civilisations, de ses découvertes, de ses inventions et de ses pratiques. L’Africanologie est le gain de la symbiose des savoirs occidentaux et des savoirs endogènes africains. » (Diakité, 2018, p.122-123)

L’africanologie peut apparaître comme le résultat d’une volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine à travers l’éveil des consciences.

Ainsi, à l’image de la négritude, l’africanologie se veut aujourd’hui la thérapeute de l’Afrique et des Africains, en vue de venir à bout des maux qui les rongent. À partir d’un diagnostic réaliste et objectif du mal africain, dénué de toute complaisance, l’africanologie se fait un devoir d’indiquer aux Africains les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement. Mais en réalité, l’africanologie est-elle susceptible d’influencer le destin de l’Afrique et des Africains, en leur donnant la possibilité de relever les défis du développement? Faut-il voir en l’africanologie un concept de trop au sein des études africaines? Sa démarche se démarque-t-elle des autres disciplines et autres doctrines vouées à l’Afrique? La révolution, sous-tendue par l’éveil des consciences qu’elle prône, ne présuppose-t-elle pas la mise en parallèle des perspectives exogènes et celles dites endogènes? Finalement, quelles peuvent être les forces et les faiblesses de l’africanologie, dans sa contribution à la marche de l’Afrique vers l’émergence, dans un contexte de mondialisation?

Ce colloque vise à faire l’état des lieux des études africaines contemporaines en général, et de l’africanologie en particulier, au regard des défis des temps nouveaux. Il se doit, pour y parvenir, de proposer une discussion critique autour du concept d’africanologie, c’est-à-dire en débattre l’opportunité du surgissement et en relever d’une part les forces et d’autre part les faiblesses, le tout dans une mise en parallèle avec d’autres disciplines, doctrines ou concepts en lien avec l’Afrique, et ce, dans le but de situer la contribution de l’africanologie dans le processus de développement de l’Afrique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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