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Rachel Bélisle : Université de Sherbrooke
À partir de résultats d’une recherche-action réalisée à Montréal sur des programmes et des ateliers pour soutenir des adultes dans différentes sphères de leur vie (préparation à un retour aux études ou à un retour en emploi, initiation à l’informatique, sensibilisation à des questions de santé, prévention des chutes chez les personnes ainées, écriture de fiction, etc.) (Bélisle, Roy et Mottais, 2019), cette communication s’intéresse plus particulièrement à la contribution d’organismes de la communauté (bibliothèque publique, organisme de développement local et d’aide à l’emploi et la formation, organisme en santé des personnes aînées) à la socialisation à l’écrit (Bélisle, 2006) chez des adultes en situation de précarité. Parmi eux, on trouve des personnes natives sans diplôme ou dont le diplôme le plus élevé est de niveau secondaire ou des personnes immigrantes ayant un diplôme postsecondaire de leur pays d’origine. La communication revisitera les résultats de la recherche-action, en s’inspirant de la proposition de Lahire (2013), pour exposer les cadres de la socialisation à l’écrit qui semblent exister dans une communauté locale comme celle des quartiers du Sud-Ouest et de Verdun, les modalités de cette socialisation à l’écrit, ses temps et ses effets sur les personnes.
Dans l’analyse des parcours d’apprentissage tout au long et au large de la vie, la question de la socialisation se pose de façon nouvelle, évoquant l’idée que la socialisation se déroule dans plusieurs sphères de vie à la fois, comme la famille, les services de garde, l’école, le travail, le sport et autres. On s’intéresse alors à une « socialisation continue » (Darmon, 2016) où s’entrelacent des influences de plusieurs instances socialisatrices dans des environnements divers. La socialisation emprunte ainsi à des logiques d’action souvent contrastées, ce qui est caractéristique de l’individu pluriel (Lahire, 1998). Ainsi, dans un monde en profonde transformation où les grandes institutions, notamment l’école, perdent une partie de leur influence de socialisation, il est nécessaire de poser un regard neuf sur le processus de socialisation, tout particulièrement lorsqu’on s’intéresse aux populations en situation de vulnérabilité sociale et aux environnements qu’elles fréquentent, notamment ceux numériques. Les communications de ce colloque s’intéressent à la socialisation à différents âges de la vie : l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte ainsi qu’à la méthodologie de travail pour documenter la socialisation, celle‑ci posant des défis aux équipes de recherche qui travaillent souvent avec des méthodes de plusieurs disciplines (géographie, philosophie, psychologie, sociologie, sciences de l’éducation, sciences de l’information, sciences politiques). Nous inspirant de la proposition du sociologue Bernard Lahire (2013, 2015), nous discutons de la faisabilité et de la pertinence de documenter dans nos enquêtes les cadres (ex. : instances ou institutions), les modalités (ex. : les techniques, les manières de faire), les temps (ex. : les rythmes, les durées, les moments) et les effets (ex. : les dispositions qui résultent du processus).
Le but du colloque est de favoriser le dialogue et le croisement de perspectives sur la question de la socialisation dans les parcours d’apprentissage à tous les âges de la vie et dans différents environnements. Nous poursuivons deux objectifs spécifiques :
Ce travail permet d’éclairer des apprentissages réalisés, de façon tacite ou non, dans l’exercice d’une pratique, qu’elle soit structurée (ex. : sportive ou religieuse), plus ancrée dans une culture de débrouillardise (ex. : fabrication des repas avec peu) ou ceux de la sphère numérique (ex. : raccourcissement des durées de réponse), et leur influence dans la poursuite du parcours d’apprentissage et au moment de transitions diverses.
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