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Nicolas Brodeur : Université d'Ottawa
Les systèmes physiques, laissés à eux-mêmes, tendent vers un état d’équilibre caractérisé par une homogénéité complète. Telle est la deuxième loi de la thermodynamique selon laquelle l’augmentation de l’entropie se manifeste par l’augmentation du désordre apparent. Pourtant, l’apparition et l’évolution des formes de vie sur Terre montre bien la tendance inverse; de l’assemblage fortuit des premiers acides aminés à l’apparition de la première bactérie, jusqu’à celle des plantes et des mammifères, il s’avère qu’à chaque étape du développement la vie s’est retrouvée d’autant plus ordonnée, donc plus improbable. Alors, comment la vie arrive-t-elle à déjouer la 2ième loi de la thermodynamique?
Appliquée à l’imagerie du cancer, cette question peut être reformulée comme suit: les cellules cancéreuses au métabolisme plus élevé formeront-elles une tumeur solide montrant une plus grande complexité spatiale en raison de leur capacité accrue de dissipation d’énergie? Nous postulons que la forme des périmètres tumoraux contient de l’information pertinente sur le profil énergétique personnalisé de la tumeur. Pour vérifier cette hypothèse, nous utiliserons des images cliniques de cancer du poumon pour évaluer la corrélation entre l’activité métabolique (i.e. production d’entropie), mesurée par tomographie par émission de positrons, et la structure des tumeurs (i.e. géométrie fractale), mesurée suivant la segmentation des scans CT.
De nombreux outils et méthodes d’imagerie sont développés à travers le monde, mais ces derniers demeurent souvent à l’étape du développement et ne sont pas appliqués en clinique. Il arrive que leur application soit restreinte à l’établissement hôte, car leur utilisation demande une grande expertise qui est difficilement transférable. De plus, les chercheurs et étudiants-chercheurs sont souvent peu informés des étapes suivant leur recherche. Cela fait en sorte que le format de leurs travaux ne correspond pas nécessairement à ce qui est attendu par les instances décisionnelles ou ne répond carrément pas aux besoins des utilisateurs de connaissances. De surcroît, la recherche en imagerie est l’une des plus onéreuses, puisque les appareils d’imagerie sont très coûteux et complexes et demandent une expertise pointue pour être utilisés efficacement. Ce colloque vise à : 1) définir les moyens qui doivent être mis en place afin de mieux préparer les travaux de recherche et faciliter leur transition vers l’utilisateur; 2) mieux propager les outils d’imagerie; et 3) discuter de la façon d’effectuer une translation de ceux-ci vers la clinique tout en considérant les enjeux qui se rattachent à cette translation.