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Raquel Cruz Crespo : Artenso
Les résidences d’artistes sont devenues un dispositif de plus en plus présent et sollicité, autant dans le milieu artistique qu’ailleurs. Nous témoignons de la mise en dialogue de plusieurs classifications et redéfinitions qui touchent aux particularités mêmes de cette pratique. La présente communication abordera le comportement d’une résidence d’artistes assez particulière dans le milieu des arts visuels montréalais, dont sa mission est de favoriser la création en offrant des conditions favorables au travail des artistes et des commissaires d’art de l’Amérique latine et de la Caraïbe.
Notre but est alors de présenter une étude de cas sur la façon dont la RACAM a été mise en place au cours de ses 10 premières années. Nous observerons quels processus ont été impliqués, et quels sont ses impacts au fil du temps. Nous envisageons aussi à toucher d’autres enjeux tels que :
- la notion de réussite d’une résidence d’artistes parmi les artistes et intervenant.e.s du milieu des arts visuels interviewé.e.s ;
- les liens de la RACAM avec la communauté et la scène latino-américaine des arts visuels à Montréal ;
- le rôle de l’agent médiateur ou d’accompagnement ;
- l’évaluation d’une résidence d’artistes.
L’ensemble de ces réflexions permet d’éclairer les ramifications du dispositif complexe que constitue une résidence, et ses relations avec d’autres processus telles que la médiation et la diffusion culturelle au cœur d’un centre d’arts.
Depuis les années 1990, l’engouement pour les résidences d’artistes et d’écrivains s’accroît tant au Québec que dans le reste du monde occidental. Cet intérêt peut s’expliquer par la décentralisation de l’action culturelle, l’occupation culturelle du territoire (Dissez, 2004) ou encore par la diversification des modes de soutien à la création (Liot et Lamy, 2002). La résidence apparaît comme une étape clé dans la construction d’une carrière artistique et agit comme forme de reconnaissance, voire de consécration dans le champ de l’art (Bisenius-Penin, 2015).
La recherche sur les résidences artistiques fait état de la grande diversité des disciplines impliquées (danse, arts visuels, littérature, etc.) et des structures d’accueil (centres d’artistes, institutions muséales, milieux de vie, entreprises, etc.) (Goyer-Ouimette, 2010). Les formats existants sont également variés : courts et longs séjours, résidences de recherche, de production ou de diffusion, résidences en ligne ou dédiées à un territoire spécifique, etc. (Leclerc-Parker, 2016). Enfin, les modalités qui lient l’artiste à la structure d’accueil, au public et aux autres artistes invités contribuent aussi à dessiner ce portrait diversifié (Chaudoir, 2005). L’étude des dimensions culturelle, sociale ou politique aussi bien qu’esthétique des résidences artistiques, par la complexité des situations possibles, apparaît cruciale à la fois pour les artistes, les partenaires, et le monde de la recherche.
À travers des cas concrets, nous chercherons à comprendre en quoi consiste l’expérience de la résidence, et les effets qui en découlent. Que viennent chercher les différents acteurs impliqués? Comment s’évaluent la qualité des expériences et leur rayonnement dans les réseaux culturels et dans les communautés? Nous participerons ainsi au développement de connaissances croisées sur ces dispositifs et à une meilleure compréhension de leur sens dans le champ actuel de l’action culturelle.
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