Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Christina Blier : AQCID
Collaboration de l’AQCID, ses membres et son comité permanent en réduction des méfaits, représenté par des organismes de plusieurs régions du Québec.
Depuis 2016, la crise des surdoses au Canada a tué plus de 14 000 personnes. L’espérance de vie chez les hommes âgés entre 25-45 ans stagne depuis 3 ans au pays, phénomène n’ayant pas été observé depuis 1921. Les politiques actuelles sur les substances psychoactives contribuent à amplifier la stigmatisation, elles sont basées sur des principes moraux et non scientifiques et représentent donc une embûche majeure dans l’actualisation de l’approche de réduction des méfaits. Ce régime de prohibition fait en sorte que le contexte social actuel est inflexible à l’endroit des personnes qui choisissent de consommer. Le fait de criminaliser la consommation de drogues a échoué son objectif initial, c’est-à-dire l’éradication de la consommation de substances. Comment se fait-il qu’un système perdure, malgré qu’on en connaisse non seulement les conséquences mais aussi les pistes de solution? Suite à une réflexion concertée avec les groupes communautaires concernés par la dépendance et l’usage de substances, l’AQCID propose dans cette présentation une compréhension globale de la problématique de la crise des surdoses, allant des politiques internationales, en passant par les pratiques de gouvernance publique, jusqu’à la réalité des organismes communautaires.
En préparant ce colloque, on aperçoit de nouvelles visions qui seront mises ensemble et sur la table au moment du congrès de l’Acfas. On entendait bien qu’il y a urgence en la demeure. Face à la montée des surdoses, on soignait et on informait en réclamant de nouveaux services, on aménageait rapidement notre savoir parce que nous n’étions pas formés à cette intervention. Si ce colloque 2021 n’est pas vain, c’est grâce aux propositions apportées par la communauté des gens concernés par les surdoses et l’utilisation de drogues. Ces propositions induisent un changement de position et une reconception de la réduction des méfaits qui est vraie et nécessaire. Les gens les plus proches du terrain n’auront sans doute que très peu de choses factuellement nouvelles à dire au colloque. Mais encore, car en mettant ensemble et en perspectives toutes ces idées, le scénario des surdoses prend corps et met au jour un sens qui n’était pas aussi clair quelques mois auparavant. Il est grandement possible que votre vision de la situation soit modifiée au sortir de ce colloque.
Des personnes utilisatrices de drogues (PUD) acquises dans la rue se plaignent qu’elles ne savent plus vraiment ce qu’elles consomment, que les produits consommés sont contaminés par des opioïdes, dont le fentanyl, et autres substances aux effets inquiétants, induisant des surdoses mortelles. La « crise des surdoses » fait des morts en zones urbaines comme en région et demande une réponse immédiate de la santé publique à tous les niveaux d’intervention : ce problème de santé publique touche toutes les strates de la société. De nombreuses stratégies sont déployées pour prévenir les surdoses et les effets délétères liés à la prise de substances non souhaitées, et pour permettre aux pairs ou aux professionnels communautaires, civils ou de la santé, d’agir en contexte d’intoxication, par exemple en administrant un antidote aux opioïdes, la naloxone. Mais ce filet de sécurité déployé ne suffit toujours pas à sauver toutes les vies. L’intervention concertée s’inspire des principes de l’approche en « réduction des méfaits », dont les modes de pratique en situation de crise doivent être constamment réajustés. La réduction des méfaits a été, à ce jour, la seule approche en santé préventive qui permette de tempérer la consommation tout en offrant un certain accès aux services de santé pour les PUD. Cette approche appelle à une intervention interdisciplinaire, stratégique, consciente et aidante envers et avec les PUD qui font partie prenante de la solution à découvrir.
Désormais, la réduction des méfaits n’est plus seulement vue sur le long terme, elle doit être un outil dans la postvention (l’intervention qui vient après un événement grave pour prévenir ses répercussions). Cette postvention n’est vraiment possible que si on a des outils et de l’information sur la situation, ce qui peut permettre de freiner sinon de stopper les circonstances et les conséquences d’une surdose qui pourrait se reproduire.
Titre du colloque :
Thème du colloque :