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"Viol" des écosystèmes, déchéances climatiques et nihilisme crimmigratoire

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Dagnogo Baba : Université Alassane Ouattara

Résumé de la communication

En soumettant la terre à une surexploitation des ressources afin de satisfaire, non pas les besoins vitaux de l’humanité, mais ceux relatifs à la dopamine sécrétée par le striatum cérébral, l’Homme abuse de la généreuse hospitalité de la terre. Cet abus, véritable "viol" de la nature, en exigeant plus de ressources que ne le permet la capacité porteuse des écosystèmes, provoque l’effondrement de la terre dont les manifestations sont les catastrophes naturelles, avec des coûts que nous sommes appelés à payer.

Ainsi, dans le cadre de cette réflexion, le coût qui retient notre attention est l’immigration, non seulement des Africains chassés de chez eux par les hostilités climatiques, et qui iront frapper aux portes de l’Europe ; mais aussi celui de l’exode des populations rurales, chassées de chez elles par les déchéances climatiques vers d’autres régions engorgées de ressources nutritionnelles. En plus de ces mouvements migratoires, nous allons faire face à un nouveau type d’exode : l’exode urbain, le déplacement des populations des zones urbaines côtières exposées à de gigantesques inondations vers l’intérieur du pays. Ce sont ces différents mouvements migratoires, sources matricielles des prochains conflits, qui remettront à plus tard la stabilité et le développement durable de l’Afrique que nous investirons ?

Résumé du colloque

Le concept d’africanologie (Diakité, 2016) se définit, selon son concepteur, comme :

« Une discipline réflexive née de la jonction des sciences philosophiques, expérimentales, des cultures africaines, occidentales et des sciences humaines. Elle est un champ interdisciplinaire qui commence d’abord par la philosophie, passe de là aux sciences humaines et s’achève dans les sciences expérimentales. L’Africanologie est une tétraphilosophie; c’est-à-dire qu’elle est à la fois une géophilosophie, une historiophilosophie, une sociophilosophie et une médicophilosophie. Elle se définit donc comme une scientophilosophie, c’est-à-dire l’étude clinique, scientifique et philosophique de l’Afrique à partir de sa genèse et de son fonctionnement en tenant compte de son histoire, de ses cultures, de ses civilisations, de ses découvertes, de ses inventions et de ses pratiques. L’Africanologie est le gain de la symbiose des savoirs occidentaux et des savoirs endogènes africains. » (Diakité, 2018, p.122-123)

L’africanologie peut apparaître comme le résultat d’une volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine à travers l’éveil des consciences.

Ainsi, à l’image de la négritude, l’africanologie se veut aujourd’hui la thérapeute de l’Afrique et des Africains, en vue de venir à bout des maux qui les rongent. À partir d’un diagnostic réaliste et objectif du mal africain, dénué de toute complaisance, l’africanologie se fait un devoir d’indiquer aux Africains les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement. Mais en réalité, l’africanologie est-elle susceptible d’influencer le destin de l’Afrique et des Africains, en leur donnant la possibilité de relever les défis du développement? Faut-il voir en l’africanologie un concept de trop au sein des études africaines? Sa démarche se démarque-t-elle des autres disciplines et autres doctrines vouées à l’Afrique? La révolution, sous-tendue par l’éveil des consciences qu’elle prône, ne présuppose-t-elle pas la mise en parallèle des perspectives exogènes et celles dites endogènes? Finalement, quelles peuvent être les forces et les faiblesses de l’africanologie, dans sa contribution à la marche de l’Afrique vers l’émergence, dans un contexte de mondialisation?

Ce colloque vise à faire l’état des lieux des études africaines contemporaines en général, et de l’africanologie en particulier, au regard des défis des temps nouveaux. Il se doit, pour y parvenir, de proposer une discussion critique autour du concept d’africanologie, c’est-à-dire en débattre l’opportunité du surgissement et en relever d’une part les forces et d’autre part les faiblesses, le tout dans une mise en parallèle avec d’autres disciplines, doctrines ou concepts en lien avec l’Afrique, et ce, dans le but de situer la contribution de l’africanologie dans le processus de développement de l’Afrique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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