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À l’affiche ! Des mots, des émotions et des lettres Histoire d’un processus de création artistique dans une bibliothèque pour les adultes en apprentissage du français

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Catherine Gagné : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Résumé de la communication

Au réseau des bibliothèques publiques de la ville de Montréal il y a plus de mille notices qui apparaissent à l’écran sous la rubrique abécédaire. D’abord une exposition rend compte de la variété des sujets et aussi des formes. Les abécédaires y sont présentés sous les thèmes de l’éducation, la poésie, l’art, ainsi que le jeu et le design. « Un abécédaire permet de réfléchir plutôt que de définir. L'imaginaire et l’invention y jouent un rôle. Le premier abécédaire de philosophie date d’il y a quelques années, lorsque Gilles Deleuze a parcouru l’alphabet de animal à zigzag pour exposer sa pensée.» Chouette Philo chez Gallimard, 2012 S’inspirant de la variété des abécédaires à notre disposition nous avons fondé une approche originale pour créer des ateliers d'expression artistique sur ce thème en rapport au vécu personnel et affectif des participants; des adultes en apprentissage du français. À partir d'exposés et jeux sur les arts et l'écriture, des récits et des exercices de perceptions basés sur les sens nous avons co-construit une affiche et un jeu de cartes abécédaires. Des liens significatifs se sont tissés entre les participants et nous les avons vus s’approprier leur espace de liberté et d'expression. Des témoignages filmés nous permettent d'en saisir la teneur. Les notions de territoires personnels, géographiques auront servi de canevas sur lequel puisse s'élaborer un vocabulaire plastique rempli d’éléments narratifs qui expriment les désirs des participants.

Résumé du colloque

L’intervention par l’art occupe une place de plus en plus importante dans différents milieux de la société québécoise. Pourtant, malgré sa popularité grandissante et ses bienfaits reconnus scientifiquement, elle demeure une pratique relativement isolée et peu connue par rapport aux types d’interventions plus traditionnels. Or, en raison de sa flexibilité et de son accessibilité, l’intervention par l’art a l’avantage de s’adresser à une clientèle variée et de s’adapter à la réalité de divers milieux. Elle permet ainsi d’atteindre des populations qui peuvent se trouver ou se sentir exclues des canaux d’intervention plus traditionnels.

Toutefois, les pratiques d’intervention qui font appel à des modalités artistiques se situent souvent en marge d’une pratique clinique conventionnelle, à moins qu’elles ne relèvent de professions dont l’expression artistique sous toutes ses formes est l’outil privilégié et officiellement annoncé. Au Québec, il est alors question d’art-thérapie (arts visuels), de musicothérapie, de dramathérapie et, plus récemment, de thérapie par la danse et le mouvement. Dans ces cas précis, la pratique clinique s’appuie sur un rationnel théorique, des données issues de la recherche et une longue tradition de pratiques s’inspirant à la fois du milieu artistique et de celui de l’intervention. Néanmoins, il importe de rappeler que ces disciplines sont en émergence et luttent pour leur reconnaissance.

Dans tous les cas, les connaissances sur les effets de l’intervention par l’art, la compréhension des différentes conditions permettant le déploiement optimal de ces initiatives et les limites de ces approches sont encore à parfaire. D’autres questions méritent aussi que l’on s’y attarde : qu’advient-il lorsque ces initiatives sortent du milieu clinique plus conventionnel pour se déployer dans des milieux alternatifs qui vont à la rencontre de personnes qui ne sont pas servies autrement? Comment adapter une pratique d’abord clinique à un cadre non clinique? Comment se définissent ces pratiques lorsqu’elles ne sont pas menées par des thérapeutes par les arts? Quels objectifs poursuivent-elles?

Comme pour toute discipline en émergence, les initiatives issues du terrain et élaborées de manière plus ou moins intuitive par des intervenants qui, peut-on le présumer, ont d’abord un intérêt personnel pour les arts, ne trouvent pas toujours écho auprès des chercheurs. L’inverse est aussi vrai : les chercheurs qui s’intéressent aux retombées de l’expression artistique sur les populations plus vulnérables doivent faire preuve de créativité pour faire reconnaître la pertinence de leurs sujets de recherche et, parfois même, pour obtenir la collaboration des milieux de pratique. Il est grand temps que ces deux univers se rencontrent, que les idées s’exposent au grand jour et soient mises en lumière à travers le spectre d’une multitude de points de vue : intervenants psychosociaux, thérapeutes par les arts et chercheurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Sarah-Maria Leblanc
section icon Date : 7 mai 2021

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