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Albane Buriel : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Le champ de l'éducation en situation d'urgence s'est développé à partir de la nécessité de réponses humanitaires aux besoins des populations et, surtout, à partir de pratiques de terrain. Les activités artistiques sont de plus en plus utilisées dans ces interventions humanitaires (Boateng, 2017). Elles contribueraient à l’acquisition de compétences interdisciplinaires et au bien-être des jeunes qui en bénéficient (Hassan et al., 2015 ; Kerlan, 2013 ; Tyrer et Fazel, 2014). L'objectif du projet de recherche présenté est d'accompagner des animateurs socioculturels par la création et la mise à l’essai d’une biographie artistique alors entendue comme un dispositif didactique (CdPE, 2019). Il s’agit de transformer des pratiques d’animateurs socioculturels afin qu'elles favorisent la résilience et l'empowerment de jeunes yézidis avec lesquels ils travaillent dans un camp au nord de l’Irak. La biographie (ou l'écriture de la vie) artistique vise ainsi la narration par l’art, des expériences de vie individuelles et collectives au travers de thématiques centrées sur la culture, les identités et les environnements (espaces) au travers de processus créatifs (Morais, 2012). Notre communication présente notre cadre théorique et méthodologique, en particulier les étapes de l'ingénierie didactique coopérative dans le champ de l’éducation artistique, et identifie les enjeux quant aux résultats attendus pour le développement de la résilience et l’empowerment des participants à la recherche.
Dans sa dimension théorique, cette proposition s’appuie sur la recherche actuelle, qui met en évidence l’engagement social de l’art (Cauquelin, 2018; Fourmentraux, 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014). Par cette connexion avec les enjeux sociétaux, les arts représentent un terrain privilégié pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant le développement d’une panoplie d’« éducations » : à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc. Cette dynamique d’arrimage de l’enseignement artistique au nouveau paradigme de l’art a fait l’objet de la première édition de ce colloque (2019), offrant un espace de convergence entre divers acteurs œuvrant dans le domaine de l’art et de l’éducation. Dans la continuité de ces travaux, qui ont dressé « le fond de scène » de la problématique, nous nous proposons d’approfondir au cours d’un nouveau colloque en 2021 la réflexion sur des sujets touchant, grâce à l’expression artistique, à diverses questions socialement vives (QSV). Celles-ci visent des sujets d’actualité qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006), sujets qui interpellent inévitablement l’artiste contemporain et qui finissent par remettre en question les pratiques des acteurs scolaires. Afin de proposer les meilleures pistes susceptibles de soutenir l’enseignement artistique dans une formule actualisée, nous nous penchons, d’une part, sur l’éducation liée à l’environnement (Ghouati, 2016; Planche, 2018; Ribotti, 2010; Sauvé, 2009; Simonneaux et Simonneaux, 2009), et plus spécifiquement sur la crise du climat; d’autre part, nous abordons la diversité humaine en nous interrogeant sur l’éducation au vivre-ensemble (Estivalèzes, 2016; Larochelle-Audet, Borri-Anadon et Potvin, 2016; Moldoveanu, 2009; Vatz Laaroussi, Tadlaoui et Gélinas, 2013).
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