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Laurence Hamel-Charest : Université de Montréal
L’anicinabe midjim (alimentation anicinabe) est ancrée dans le territoire. Elle nécessite des habiletés et des savoirs spécifiques, que ce soit pour le traitement des animaux, la cuisson, les techniques de conservation, la pêche sous la glace, la cueillette de ressources végétales, etc. Or, les jeunes générations fréquentent le territoire différemment de leurs ancêtres. Dans ce contexte, comment transmettre les connaissances alimentaires? Quels sont les défis? Cette communication propose un regard sur les initiatives mises en place par Lac-Simon, une communauté anicinabe située en Abitibi. Monique, une aînée, témoigne de son expérience, elle qui a été enseignante, puis directrice d’école et qui aujourd’hui se dévoue au partage de sa culture. Elle anime des ateliers culturels et des sorties sur le territoire pour les jeunes Anicinabek, mais aussi pour des groupes de jeunes allochtones. Ses enseignements sont notamment au coeur d’une pratique qui persiste : la transformation de l’ininâtigowâbô (eau d’érable) en sirop et en sucre à la manière anicinabe. Alors qu’elle effectuait un terrain doctoral à Lac-Simon, Laurence a assisté à plusieurs occasions d’apprentissage, que ce soit dans la communauté ou sur le territoire. Elle s’est ainsi familiarisée avec différentes initiatives de transmission. Ensemble, elles montrent en quoi la structure communautaire remplit aujourd’hui un rôle important dans la transmission des connaissances alimentaires et plus largement culturelles.
Plusieurs projets conduits par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) illustrent tour à tour une transition en agriculture et en agroalimentaire, voire une bascule vers un renouvellement. Cette transition traverse les enjeux liés à la diversité des modèles agricoles et à la vitalisation des territoires.
La diversité des modèles
Le modèle unique traditionnel en agriculture chevauche d’autres modèles porteurs de possibilités, notamment pour laisser place à une relève agricole souvent non apparentée, provenant de différentes origines et ayant des parcours atypiques. Outre les modes d’établissement qui se diversifient, il en est de même pour les modèles de production et de mise en marché. Les plateformes numériques se multiplient pour vendre en circuits courts. Des créneaux apparaissent teintés de valeurs environnementales (agriculture raisonnée, biologique, urbaine, régénératrice, de petits fruits, de petits élevages, etc.).
La revitalisation des territoires
Ces projets émergents, souvent innovants et mobilisateurs, sont de véritables moteurs de revitalisation des territoires, des villes, des régions éloignées et nordiques. Face à l’ébullition des modèles agricoles et des canaux de vente, des porteurs de projets aspirent à changer les modèles établis. Dans cet élan, de nouveaux outils, leviers et dispositifs de mise en œuvre sont en cours d’expérimentation : laboratoires et territoires (MAPAQ), fiducies d’utilité sociale agricole (FUSA), incubateurs d’entreprises agricoles, modèles de souveraineté alimentaire autochtone, etc.
Quelles résiliences?
Cette transition soulève des questions. Est-ce que les politiques publiques sont adaptées à cette nouvelle réalité? Quelle échelle de territoire (locale, régionale, provinciale) conviendrait le mieux, et pour faire quoi? Quels codes de référence communs permettraient d’intégrer les spécificités socioculturelles émergeant du territoire? Comment innover dans les pratiques et sur le terrain pour accompagner ces nouveaux modèles?
Dans ce monde agricole et agroalimentaire en transition, les impacts sont transversaux. Ce colloque souhaite donc faire avancer la réflexion en lien aux pratiques, tant avec les acteurs de la recherche qu’avec ceux qui sont engagés sur le terrain.
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