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Vicky Girard : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Tout un champ d’études se développe à propos de l’extrême droite, sans qu’il existe de définition unanime du concept (Campana et Tanner, 2019). Certaines caractéristiques font toutefois consensus. En raison des différentes définitions et des différents types de groupes qui adhèrent à cette idéologie, nous préférons, à l’instar de Froio (2017), parler des droites extrêmes. Ces idéologies se traduisent notamment par des idées racistes, xénophobes, conservatrices, suprémacistes et anti-égalitaires (Froio, 2017). Dans leurs discours, les groupes des droites extrêmes peuvent tenir des propos islamophobes, antisémites, nativistes, contre l’immigration non blanche, généralement ethnocentriques, homophobes, anti-avortement, qui démonisent l’Autre et valorisent les dirigeants politiques forts. Bref, des propos contraires au vivre-ensemble.
Sachant que : 1) les groupes des droites extrêmes cherchent à influencer les acteurs politiques (Davey et Ebner, 2017); que 2) les médias socionumériques peuvent faciliter la radicalisation de certains individus (Koehler, 2014); et que 3) ils peuvent avoir des répercussions sur des événements de la vie réelle (Davey et Ebner, 2017), nous proposons de présenter les résultats d’une analyse de contenu portant sur les publications Facebook de la Fédération des Québécois de souche (FQS) durant la campagne électorale provinciale de 2018. Nous analyserons comment la FQS a fait preuve de populisme et de racisme par les thèmes qu’elle a abordés.
Dans un contexte de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté (Nandram et Bindlish, 2017), les tensions qui émergent dans les démocraties suscitent divers bouleversements. Ces bouleversements qui se manifestent à notre époque poussent plusieurs acteurs sociaux à mobiliser la notion de vivre-ensemble comme cadre normatif de vie en commun. Ces positionnements normatifs interpellent les chercheur.e.s depuis plus d’une décennie (voir, par exemple, Perraton et Bonenfant, 2009). Les communications qui seront présentées lors de ce colloque chercheront à explorer les terrains de ces bouleversements et leur amplitude. Le colloque aborde notamment les questions suivantes : comment les acteurs de la société civile définissent-ils le vivre-ensemble? Comment cette notion est-elle mobilisée, mise en pratique et vécue dans la société et les organisations?
Ce colloque propose de se pencher sur cette problématique en tentant de cerner les contenus concrets et symboliques du vivre-ensemble, tout en explorant ses limites (en relevant ce qui ne concerne pas le vivre-ensemble dans les sociétés modernes). L’événement sera structuré selon trois axes : 1) droit et diversité; 2) entreprises et religions; et 3) identité et radicalisation. Chacun des axes orientera les contributions des participant.e.s en fonction de certaines thématiques. L’axe « droit et diversité » interpellera des chercheur.e.s qui travaillent, entre autres, sur les questions de la laïcité, de la langue et des cultures autochtones (le vivre-ensemble après l’adoption de la loi 21 au Québec ou à la suite de la Commission de vérité et réconciliation). L’axe « entreprises et religions » se concentrera sur les espaces ouverts par le religieux dans le monde du travail (les entreprises de tendance, l’intégration économique des immigrants dans un contexte pluriel). L’axe « identité et radicalisation » s’intéressera à l’émergence de la radicalité dans divers espaces démocratiques (populisme et montée des extrêmes, rôles et positionnements des médias face aux radicalismes, processus de radicalisation menant à la violence). Sans se limiter à ces exemples, les communications présentées s’inscriront en lien avec l’un de ces axes.
Tout en tentant de fournir des pistes afin de mieux comprendre les bouleversements sociaux et les chocs de valeurs que ces bouleversements entraînent, ce colloque vise également un objectif méthodologique en favorisant la présentation de recherches systématisant les analyses interdisciplinaires en provenance des sciences juridiques, de la sociologie, de l’anthropologie, de la théologie et des sciences des religions.
Nandram, Sharda S. et Puneet K. Bindlish (2017), Managing VUCA Through Integrative Self-Management: How to Cope with Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity in Organizational Behavior, Cham, Springer International Publishing.
Perraton, Charles et Maude Bonenfant (réd.) (2009), Vivre ensemble dans l’espace public, Québec, Presses de l’Université du Québec.
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