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Alexandre BARIL : Université d'Ottawa
Cette communication est issue d’une recherche-action participative et communautaire menée au Québec auprès de 54 jeunes trans (15-25 ans). Elle décrit la réalité à laquelle font face les jeunes étant à la fois trans et handicapé-es et vivant à l’intersection du cisgenrisme/transphobie et du capacitisme. Le projet de recherche duquel sont tirés les résultats a fait appel à la méthodologie de la théorisation ancrée et s’est déroulé en deux vagues de collecte de données (2016 et 2019). Au total, 39 jeunes sur les 54 rencontré-es (72.2%) se sont auto-identifié-es comme handicapé-es. Cette communication se focalise sur l’expérience de ces jeunes. Nous débutons par une recension des écrits sur la thématique «transitude et handicap». Ensuite, nous présentons le concept sensibilisateur dans notre recherche, soit l’intersectionnalité et le cadre méthodologique ayant guidé le projet, soit la théorisation ancrée. Puis, nous présentons et discutons les résultats de recherche. Après avoir montré que, pour les jeunes trans, le handicap a des implications à tous les niveaux dans leur vie et ne peut être séparé de leur identité trans, nous explorons les intersections entre transitude et handicap dans la vie de ces jeunes à travers deux grands axes. D’une part, nous montrons comment les handicaps et le capacitisme deviennent parfois des obstacles à la réalisation de l’identité de genre et, d’autre part, comment l’identité de genre et le cisgenrisme peuvent parfois devenir handicapants.
Les jeunes trans et non binaires pourraient représenter jusqu’à 1,8 % de la population des jeunes, sans compter que jusqu’à 2,5 % d’entre elleux pourraient s’interroger sur leur identité de genre (Clark et coll., 2014; Johns et coll., 2017). Les jeunes vivants aux intersections d’identités multiples vivent des enjeux particuliers, comme le fait d’être bisprirituel.le.s, trans et racisé.e.s ou immigrant.e.s, non.binaires et de vivre avec un handicap physique ou neurosensoriel (Lee et coll., 2020; Baril et coll., 2020; Pullen Sansfaçon et coll., 2019).
Les jeunes mineur.e.s vivent toutefois certaines contraintes pouvant complexifier leurs parcours de transition, notamment sur le plan légal, sans compter l’accès difficile aux soins de santé et de services psychosociaux qu’iels requièrent au Québec et dans le reste du Canada (Cotton et coll., 2019; Taylor et coll., 2020). Plusieurs jeunes vivent également des expériences discriminatoires, que ce soit dans leurs familles, leurs écoles, voire au sein des établissements de soins de santé et de services sociaux (Chamberland et coll., 2011; Giblon et Bauer, 2017; Pullen Sansfaçon et coll., 2018). Si la recherche permet de plus en plus de reconnaître les facteurs de vulnérabilisation et de protection des jeunes TNBB, d’importantes lacunes demeurent dans le développement de pratiques de recherche, d’évaluation et d’intervention qui les concernent.
Ce colloque intersectionnel vise à mettre en valeur les connaissances et les expériences qui permettent de comprendre et de concevoir la complexité du vécu des jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s (TNBB) ainsi que des intervenant·e·s qui les soutiennent, tout en portant attention aux différentes sphères de leur vie. Le colloque est divisé en trois blocs de présentations. Chacun cherche à présenter des savoirs empiriques et théoriques, mais aussi pratiques et expérientiels.
Bloc 1 : Enjeux et défis contemporains de la recherche et de l’intervention auprès des jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s.
Bloc 2 : Enjeux relatifs aux différents environnements (ex. : école, famille, communauté) desquels les jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s font partie.
Bloc 3 : Accès et qualité des soins et des services désignés pour les jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s.
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