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Auguste Descarries. Une œuvre musicale reprend vie après un demi-siècle d’existence virtuelle

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Hélène Panneton : Association pour la diffusion de la musique d'Auguste Descarries

Résumé de la communication

Le 4 mars 1958, Auguste Descarries nous quittait brusquement avant d’avoir pu partager le fruit de près de 40 années de création musicale. Plus d’un demi-siècle plus tard, en 2012, naissait à Montréal l’Association pour la diffusion de la musique d'Auguste Descarries (ADMAD) sous l’impulsion de Laurent Descarries, fils du compositeur, de Danièle Letocha, amie de la famille, et d’Hélène Panneton, organiste.

Par où commencer lorsqu’un artiste a livré une soixantaine d’œuvres et que manquent cruellement les partitions qui permettraient de les diffuser ? Un concerto pour piano, une dizaine de mélodies, des œuvres de musique de chambre et de musique sacrée, et un important corpus d’œuvres pianistiques rendent compte des habiletés du musicien à s’approprier les diverses formes musicales ainsi que les styles qu’il a découverts lors d'un séjour en Europe.

Notre exposé retracera les différentes étapes qui ont conduit Auguste Descarries vers une certaine reconnaissance. Selon le critique Christophe Huss, « La teneur et la qualité musicale justifient que la redécouverte de la musique d’Auguste Descarries devienne dans la prochaine décennie une cause nationale culturelle prioritaire. » (Le Devoir, 27 déc. 2019). Mais la cause sera-t-elle endossée par la nouvelle génération de musiciens ? Quels mécanismes faudra-t-il activer pour que l’énergie déployée dans ce processus de renaissance permette au compositeur d'enfin occuper la place qu'il mérite dans l'histoire de la musique au Québec ?

Résumé du colloque

L’évolution des savoirs de nature historiographique repose en bonne partie sur l’élection de nouveaux objets liés à un travail archivistique (voire archéologique) qui provoque l’émergence de nouvelles problématiques et la configuration de nouveaux récits. Les travaux sur la vie culturelle québécoise ne font pas exception. Ainsi, l’exhumation de pratiques scripturaires féminines invite à penser un peu autrement la littérature québécoise, en lui incorporant un corpus faisant place à l’intime; la découverte, dans les journaux du début du 20e siècle, de discours sur le cinéma ou le théâtre, invalide les topoï relatifs à une modernité qui ne serait advenue qu’à partir de la Révolution tranquille. A contrario, les historiens et les sociologues nous ont montré que cette révolution était profondément nourrie par des mouvements catholiques, pourtant jugés comme des adversaires de la modernité. Choisis parmi d’autres, ces deux exemples montrent le rôle cardinal de l’exhumation d’objets culturels « oubliés » dans la compréhension des enjeux sociétaux. Ce type d’étude touche toutes les disciplines, à la fois celles qui étudient la culture (histoire de l’art, danse, littérature, musique, cinéma, architecture, etc.) et celles qui relèvent des sciences humaines au sens large (philosophie, histoire, géographie, etc.). Le présent colloque vise à rassembler des chercheurs de diverses disciplines, intéressés, de manière ponctuelle ou systématique, à l’étude d’objets culturels « oubliés ». Au-delà de l’examen de divers cas d’exhumation, il s’agira d’étudier les conditions et les mécanismes de l’oubli dans leur variété (« verrous » critiques, fragilité des supports ou faiblesse de la conservation, définition péjorative des objets antérieurement à leur analyse, prééminence de stéréotypes, etc.), afin de les contrer. Nous faisons le pari que ces échanges permettront d’esquisser des pratiques propres à désenclaver les nouveaux savoirs en études québécoises.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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