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Boers et Canadiens français, le conflit pour exister

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Caroline Sarah St-Laurent : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les « oubliés » que nous souhaitons aborder sont les Boers. Ces paysans sud-africains blancs aux prises avec l’Empire britannique ont reçu la sympathie des nationalistes canadiens-français – au premier chef Henri Bourassa – au tournant du XXe siècle. Les études comparatives actuelles au Québec n’en font plus guère mention. Nous faisons l’hypothèse que la mondialisation néolibérale, d’origine anglo-protestante, tend à évacuer le conflit. Le libéral progressisme crut, dès le début du XIXe siècle, pouvoir en faire l’économie. Pour tout un courant de pensée dominant (Émile Durkheim, Emmanuel Kant et sa Paix perpétuelle), le conflit était une pathologie, un dysfonctionnement à éviter. Le commerce devait réguler et apaiser pour de bon toutes les tensions. On peut penser ainsi le démantèlement de l’apartheid et l’élection de Nelson Mandela après la chute du mur de Berlin. Or, en marge de la « fin de l’histoire et du dernier homme » (Francis Fukuyama), un courant minoritaire inspiré par Georg Simmel, Carl Schmitt et Julien Freund s’est proposé de ramener au cœur du politique la notion de conflit. Un effort intellectuel qui met au centre de la cité la dimension agonale pourrait retisser le lien unissant les petits peuples afrikaner et québécois.

Résumé du colloque

L’évolution des savoirs de nature historiographique repose en bonne partie sur l’élection de nouveaux objets liés à un travail archivistique (voire archéologique) qui provoque l’émergence de nouvelles problématiques et la configuration de nouveaux récits. Les travaux sur la vie culturelle québécoise ne font pas exception. Ainsi, l’exhumation de pratiques scripturaires féminines invite à penser un peu autrement la littérature québécoise, en lui incorporant un corpus faisant place à l’intime; la découverte, dans les journaux du début du 20e siècle, de discours sur le cinéma ou le théâtre, invalide les topoï relatifs à une modernité qui ne serait advenue qu’à partir de la Révolution tranquille. A contrario, les historiens et les sociologues nous ont montré que cette révolution était profondément nourrie par des mouvements catholiques, pourtant jugés comme des adversaires de la modernité. Choisis parmi d’autres, ces deux exemples montrent le rôle cardinal de l’exhumation d’objets culturels « oubliés » dans la compréhension des enjeux sociétaux. Ce type d’étude touche toutes les disciplines, à la fois celles qui étudient la culture (histoire de l’art, danse, littérature, musique, cinéma, architecture, etc.) et celles qui relèvent des sciences humaines au sens large (philosophie, histoire, géographie, etc.). Le présent colloque vise à rassembler des chercheurs de diverses disciplines, intéressés, de manière ponctuelle ou systématique, à l’étude d’objets culturels « oubliés ». Au-delà de l’examen de divers cas d’exhumation, il s’agira d’étudier les conditions et les mécanismes de l’oubli dans leur variété (« verrous » critiques, fragilité des supports ou faiblesse de la conservation, définition péjorative des objets antérieurement à leur analyse, prééminence de stéréotypes, etc.), afin de les contrer. Nous faisons le pari que ces échanges permettront d’esquisser des pratiques propres à désenclaver les nouveaux savoirs en études québécoises.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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