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Care et réfugié.es : vers une analyse critique du régime d’asile

EO

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Erika Olivaux : École de technologie supérieure

Résumé de la communication

Les philosophes de l’asile s’intéressent majoritairement à l’éthique de l’admission, qui s’attarde à nos obligations d’accueil envers les réfugié.es. Or, celle-ci passe trop souvent sous silence de nombreux enjeux vécus par les réfugié.es, qui vivent en majorité dans des camps et qui ne seront pas accueilli.es dans des pays occidentaux. Ma communication mobilisera l’éthique du care afin de rendre visibles ces enjeux centraux lorsqu’il est question des crises de réfugié.es, en dépassant certains écueils normatifs et épistémologiques de la théorie libérale. Je montrerai que l’éthique du care, grâce à la notion de responsabilité relationnelle, nous permet d’établir une responsabilité robuste face aux besoins de tous.tes les réfugié.es, tout en évitant le piège du paternalisme. En effet, un bon care donne une voix à celui qui le reçoit, qui est en position privilégiée pour en évaluer la qualité. Il est donc nécessaire d’inclure les perspectives des réfugié.es dans nos enquêtes philosophiques sur le régime d’asile. Finalement, je proposerai qu’en mettant en évidence la dimension politique du travail de care humanitaire, l’éthique du care invite à dépasser l’éthique de l’admission pour effectuer une analyse critique du régime d’asile dans son ensemble.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 7 mai 2021

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