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Conjuguons la violence au masculin : regard des hommes immigrants

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Omaira Naweed : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L’intérêt pour des dimensions culturelles de la souffrance en clinique nous amène à orienter notre attention sur un groupe en particulier : les hommes immigrants du Sud-Asiatique vivant à Toronto. L’immigration soulève des enjeux liés à la diversité culturelle et à travers elle s’amplifie parfois les différences liées aux différents systèmes de croyances et de valeurs, ainsi que les facteurs de risque, mais aussi de résilience face aux exigences de l’intégration dans une nouvelle société.

La conceptualisation de la souffrance, du pathologique est un des enjeux modulés par la culture de l’immigré. Qu’est-ce qui constitue une source de souffrance ? Quel est le rôle de l’immigration dans la conceptualisation culturelle des phénomènes sociaux ? Comment la rencontre des cultures s’opère-t-elle et change-t-elle les conceptualisations initiales ? C’est à partir de ces questionnements que nous avons eu le désir de comprendre la violence conjugale comme phénomène double; à la fois culturel et psychologique.

Ce projet est l’opportunité de parler des représentations culturelles de la violence conjugale et de donner la parole aux hommes immigrants Sud-Asiatiques de la région du Grand Toronto. En abordant la violence conjugale sous un angle masculin, nous souhaitons apporter un éclairage différent sur les enjeux de la violence conjugale chez la population immigrante et proposer des pistes de préventions et d’intervention plus sensibles culturellement.

Résumé du colloque

Le corps est une notion transversale, reprise par de nombreuses disciplines au sein de différentes épistémologies. Au cœur même de la psychologie, le corps convoque de nombreuses significations ainsi que des représentations singulières et multiples. Que ce soit comme lieu premier de l’identité, comme marqueur culturel, comme objet de revendication ou encore comme voie d’expression de ce qui ne saurait se penser, le corps vient dire quelque chose de l’individu, de son monde interne, de son appartenance socioculturelle. Au-delà de ces différentes mises en sens, le corps est sur le devant de la scène dans nos sociétés contemporaines. Qu’il soit agi ou subi, il semble être le lieu de l’expression de la subjectivité, de l’appartenance familiale et culturelle. Que ce soit un corps investi, un corps objet de violence ou encore un corps en « désa-corps », il reste au cœur des objets d’étude de la psychologie. Cependant, dans un au-delà du lien inéluctable qui unit l’individu à son corps, ce dernier vient aussi et surtout révéler la société dans laquelle il évolue. De nombreuses problématiques contemporaines témoignent de cette dimension sociétale, que ce soit dans sa valence créative ou destructrice. Du corps sexuel au corps médicalisé — ou non — de l’enfantement, en passant par les violences — auto ou hétéroagressives — qui lui sont infligées, du corps porteur de la vie à celui porteur de l’histoire, il vient, en filigrane, nous parler d’un « jamais su », d’un impensé. Ainsi, ce que la psychologie apporte sur cette question, c’est ce regard clinique, cette possibilité de mise en sens, à l’entrecroisée des représentations sociales, culturelles et subjectives, dans la double inscription de l’individu dans sa singularité et dans la société.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Paola Porcelli
section icon Date : 7 mai 2021

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