Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Catherine Emmanuelle Drapeau : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les psychothérapeutes qui œuvrent auprès de nouveaux arrivants peuvent être particulièrement vulnérables au Trauma Vicariant (TV), soit la perturbation des schémas cognitifs due à un contact empathique fréquent avec les récits de trauma de clients. Alors que les bienfaits de l’art auprès de survivants de trauma sont bien documentés dans la littérature, des études menées sur les thématiques conjointes de l’art et le TV demeurent rares. Plusieurs soutiennent que la Réponse par l’Art (RA) peut faciliter la prise de conscience et la gestion du contretransfert, la compréhension d’enjeux thérapeutiques, l’intégration d’acquis théoriques et autres chez les thérapeutes par les arts. Une étude de cas publiée récemment suggère que la RA peut aider à mitiger l’expérience du TV chez l’art-thérapeute. Dans le cadre de la présente étude, 7 psychothérapeutes qui travaillent avec des nouveaux arrivants ont participé à un atelier de formation visant la sensibilisation au TV et l’initiation à la RA. Des entretiens semi-structurés individuels ont été menés en trois temps après la formation afin de saisir leur évaluation qualitative et subjective et d’élucider les retombées de leur expérience. Les résultats de l’analyse thématique des données qualitatives recueillies lors de la première vague d’entretiens seront présentés. Les implications des résultats pour la formation professionnelle relative au TV et la RA seront discutées.
L’intervention par l’art occupe une place de plus en plus importante dans différents milieux de la société québécoise. Pourtant, malgré sa popularité grandissante et ses bienfaits reconnus scientifiquement, elle demeure une pratique relativement isolée et peu connue par rapport aux types d’interventions plus traditionnels. Or, en raison de sa flexibilité et de son accessibilité, l’intervention par l’art a l’avantage de s’adresser à une clientèle variée et de s’adapter à la réalité de divers milieux. Elle permet ainsi d’atteindre des populations qui peuvent se trouver ou se sentir exclues des canaux d’intervention plus traditionnels.
Toutefois, les pratiques d’intervention qui font appel à des modalités artistiques se situent souvent en marge d’une pratique clinique conventionnelle, à moins qu’elles ne relèvent de professions dont l’expression artistique sous toutes ses formes est l’outil privilégié et officiellement annoncé. Au Québec, il est alors question d’art-thérapie (arts visuels), de musicothérapie, de dramathérapie et, plus récemment, de thérapie par la danse et le mouvement. Dans ces cas précis, la pratique clinique s’appuie sur un rationnel théorique, des données issues de la recherche et une longue tradition de pratiques s’inspirant à la fois du milieu artistique et de celui de l’intervention. Néanmoins, il importe de rappeler que ces disciplines sont en émergence et luttent pour leur reconnaissance.
Dans tous les cas, les connaissances sur les effets de l’intervention par l’art, la compréhension des différentes conditions permettant le déploiement optimal de ces initiatives et les limites de ces approches sont encore à parfaire. D’autres questions méritent aussi que l’on s’y attarde : qu’advient-il lorsque ces initiatives sortent du milieu clinique plus conventionnel pour se déployer dans des milieux alternatifs qui vont à la rencontre de personnes qui ne sont pas servies autrement? Comment adapter une pratique d’abord clinique à un cadre non clinique? Comment se définissent ces pratiques lorsqu’elles ne sont pas menées par des thérapeutes par les arts? Quels objectifs poursuivent-elles?
Comme pour toute discipline en émergence, les initiatives issues du terrain et élaborées de manière plus ou moins intuitive par des intervenants qui, peut-on le présumer, ont d’abord un intérêt personnel pour les arts, ne trouvent pas toujours écho auprès des chercheurs. L’inverse est aussi vrai : les chercheurs qui s’intéressent aux retombées de l’expression artistique sur les populations plus vulnérables doivent faire preuve de créativité pour faire reconnaître la pertinence de leurs sujets de recherche et, parfois même, pour obtenir la collaboration des milieux de pratique. Il est grand temps que ces deux univers se rencontrent, que les idées s’exposent au grand jour et soient mises en lumière à travers le spectre d’une multitude de points de vue : intervenants psychosociaux, thérapeutes par les arts et chercheurs.
Titre du colloque :
Thème du colloque :