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Diane Rottembourg : CHUS - Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke
Les demandes pour l’accès à des transitions médicales chez les jeunes de moins de 18 ans n’ont fait que croitre à travers le Canada (références de TransYouthCAN). Ainsi, nous sommes passés pour notre service d’endocrinologie pédiatrique au CHU de Sherbrooke de 1 référence aux 2 mois en 2017, à environ 1 référence par semaine en 2021. Pour répondre à cette demande une endocrinologue pédiatre s’est formée dans ce domaine, tout en réalisant les besoins de ces jeunes et cherchant à y répondre localement. Heureusement, durant ces mêmes années, un réseau naissait dans la communauté (GATUS puis TransEstrie) et des partenaires avec expertise devenaient accessibles - certains nouveaux et d’autres déjà présents en Estrie- comme des psychologues, sexologues, et pédopsychiatres. Nous avons ensuite identifié les besoins futurs pour cette demande croissante de références, comme la création d’une clinique multidisciplinaire (médecine de l’adolescence, endocrinologue pédiatre, pédopsychiatre, infirmière pivot, travailleur social). L’objectif d’une telle clinique serait de répondre aux besoins des jeunes trans dans leur globalité (santé physique, mentale, soutien dans leur milieu familial et éducatif), tout en faisant une part aux besoins des parents (ressources, contacts d’autres parents, temps de rencontre individuelle lors des cliniques pour leurs jeunes). Ce modèle de clinique est déjà en place dans des centres tertiaires canadiens, nous encourageant à poursuivre cette démarche.
Les jeunes trans et non binaires pourraient représenter jusqu’à 1,8 % de la population des jeunes, sans compter que jusqu’à 2,5 % d’entre elleux pourraient s’interroger sur leur identité de genre (Clark et coll., 2014; Johns et coll., 2017). Les jeunes vivants aux intersections d’identités multiples vivent des enjeux particuliers, comme le fait d’être bisprirituel.le.s, trans et racisé.e.s ou immigrant.e.s, non.binaires et de vivre avec un handicap physique ou neurosensoriel (Lee et coll., 2020; Baril et coll., 2020; Pullen Sansfaçon et coll., 2019).
Les jeunes mineur.e.s vivent toutefois certaines contraintes pouvant complexifier leurs parcours de transition, notamment sur le plan légal, sans compter l’accès difficile aux soins de santé et de services psychosociaux qu’iels requièrent au Québec et dans le reste du Canada (Cotton et coll., 2019; Taylor et coll., 2020). Plusieurs jeunes vivent également des expériences discriminatoires, que ce soit dans leurs familles, leurs écoles, voire au sein des établissements de soins de santé et de services sociaux (Chamberland et coll., 2011; Giblon et Bauer, 2017; Pullen Sansfaçon et coll., 2018). Si la recherche permet de plus en plus de reconnaître les facteurs de vulnérabilisation et de protection des jeunes TNBB, d’importantes lacunes demeurent dans le développement de pratiques de recherche, d’évaluation et d’intervention qui les concernent.
Ce colloque intersectionnel vise à mettre en valeur les connaissances et les expériences qui permettent de comprendre et de concevoir la complexité du vécu des jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s (TNBB) ainsi que des intervenant·e·s qui les soutiennent, tout en portant attention aux différentes sphères de leur vie. Le colloque est divisé en trois blocs de présentations. Chacun cherche à présenter des savoirs empiriques et théoriques, mais aussi pratiques et expérientiels.
Bloc 1 : Enjeux et défis contemporains de la recherche et de l’intervention auprès des jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s.
Bloc 2 : Enjeux relatifs aux différents environnements (ex. : école, famille, communauté) desquels les jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s font partie.
Bloc 3 : Accès et qualité des soins et des services désignés pour les jeunes trans, non binaires et bispirituel.le.s.
Titre du colloque :