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Delphine Collin : CHU de Toulouse
Expérience unique de rencontre intime avec soi, la survenue d’une grossesse désirée, parfois longtemps attendue, engage la future mère vers des remaniements psychiques importants: de la transparence psychique à la préoccupation maternelle primaire, dans un continuum entre l’ante et le postnatal, la relation d’objet virtuelle vient actualiser l’interface entre le devenir parents et le naître humain (Missonnier, 2009). Le décès en fin de grossesse qui survient en moyenne dans 9 naissances sur 1000 en France représente pour les devenants-parents un traumatisme innommable, constitue un insupportable télescopage entre vie et mort, survenant dans ce contexte de fragilité psychique et venant bousculer l’ordre des choses et des générations. Lors d’une mort fœtale, la confrontation à un enfant né sans vie, la difficulté à constituer des souvenirs et le poids du regard social souvent évitant, banalisant, participent à la difficulté d’élaboration parentale de l’existence dans la réalité externe de ce bébé. Néanmoins, l’inscription de cet enfant dans l’histoire du couple paraît indispensable. Le passage à cette parentalité si singulière va devoir s’élaborer afin non seulement de préserver les liens conjugaux mais aussi dans l’éventualité d’une future grossesse.
À partir d’une relecture du concept winnicottien de la créativité, nous proposons de penser l’accompagnement des parents endeuillés afin que l’ombre mélancoliforme de l’enfant né sans vie ne vienne se poser sur un éventuel puîné.
Le corps est une notion transversale, reprise par de nombreuses disciplines au sein de différentes épistémologies. Au cœur même de la psychologie, le corps convoque de nombreuses significations ainsi que des représentations singulières et multiples. Que ce soit comme lieu premier de l’identité, comme marqueur culturel, comme objet de revendication ou encore comme voie d’expression de ce qui ne saurait se penser, le corps vient dire quelque chose de l’individu, de son monde interne, de son appartenance socioculturelle. Au-delà de ces différentes mises en sens, le corps est sur le devant de la scène dans nos sociétés contemporaines. Qu’il soit agi ou subi, il semble être le lieu de l’expression de la subjectivité, de l’appartenance familiale et culturelle. Que ce soit un corps investi, un corps objet de violence ou encore un corps en « désa-corps », il reste au cœur des objets d’étude de la psychologie. Cependant, dans un au-delà du lien inéluctable qui unit l’individu à son corps, ce dernier vient aussi et surtout révéler la société dans laquelle il évolue. De nombreuses problématiques contemporaines témoignent de cette dimension sociétale, que ce soit dans sa valence créative ou destructrice. Du corps sexuel au corps médicalisé — ou non — de l’enfantement, en passant par les violences — auto ou hétéroagressives — qui lui sont infligées, du corps porteur de la vie à celui porteur de l’histoire, il vient, en filigrane, nous parler d’un « jamais su », d’un impensé. Ainsi, ce que la psychologie apporte sur cette question, c’est ce regard clinique, cette possibilité de mise en sens, à l’entrecroisée des représentations sociales, culturelles et subjectives, dans la double inscription de l’individu dans sa singularité et dans la société.
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