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Rémi Rigail : École de technologie supérieure
La vulnérabilité sismique des composants non-structuraux (CNS) d’un bâtiment de 6 étages situé sur le campus de l’école de technologie supérieure à Montréal est évaluée selon la méthode paramétrique de la norme CSA S832-14-Réduction du risque sismique associé à la défaillance des composants fonctionnels et opérationnels des bâtiments (CFO) dans les bâtiments et selon l’approche probabiliste proposée dans le FEMA P-58-Seismic Performance Assessment of Buildings. Les CNS considérés dans cette étude sont les cloisons, les murs rideaux, les luminaires, les faux plafonds, le système de ventilation et l’équipement de protection contre l’incendie.
Tout d’abord, un inventaire des CNS par étage a été établi et chaque CNS est décrit par sa quantité, sa position dans le bâtiment, le type de sa retenue et son raccordement. Le bâtiment a été défini par sa géométrie, la surface en plan de chaque étage, le type du système structural, sa période fondamentale de vibration, son occupation et le type de sol. L’aléa sismique uniforme de Montréal (site classe C) a été utilisé avec deux périodes de retour, soit 475 ans pour un séisme modéré (10% en 50 ans) et 2475 ans pour un séisme rare (2% en 50 ans) et l’intégrité structurale du bâtiment a été assumée intacte durant le séisme.
Ensuite, le niveau du risque sismique de chaque CNS a été évalué suivant la méthode qualitative proposée dans la norme CSA S832-14. Cela comprend la détermination de l’indice de risque R calculé comme étant le produit de l’indice de vulnérabilité sismique, V, lié à la probabilité de défaillance du CNS lors d’un tremblement de terre de référence et l’indice de conséquence de sa défaillance ou de son dysfonctionnement, C. Finalement, la probabilité du degré de dommage de chaque CNS a été évaluée à partir des courbes de fragilités du FEMA P 58 et qui sont implémentées dans le l’outil PACT-Performance Assessment Calculation Tool.
Finalement, les courbes de vulnérabilité disponibles dans l’outil PACT ont permis d’évaluer l’aspect économique associé au niveau de dommage attendu en cas d’un séisme d’une intensité donnée. Donc, le coût de réparation par rapport au prix original et le nombre de jours requis pour la réparation de chaque CNS ont été évalués pour chaque période de retour. D’autre part, le niveau de risque évalué avec la méthode du CSA S832 a permis de prioriser la mise en œuvre des stratégies d’atténuation des effets du séisme, sans pour autant donner des informations sur le degré de dommage attendu lors d’un séisme.
Toute société doit se préoccuper d’assurer la sécurité de ses citoyens, de prévoir des abris en cas d’urgence et de maintenir les infrastructures et les installations critiques opérationnelles en cas d’événements extrêmes ou accidentels pouvant être générés par les changements climatiques, les aléas naturels ou les activités humaines. Le Québec n’échappe pas à cette règle, d’autant plus que les effets de ces phénomènes extrêmes peuvent affecter de vastes étendues de territoire pendant de longues périodes, mettant ainsi en péril la sécurité de larges populations et occasionnant des dégâts matériels et des pertes économiques considérables pour l’ensemble des régions. Dans ce contexte, il est plus que jamais essentiel que le Québec se dote d’outils à la fois performants et efficaces pour mieux prédire, évaluer et atténuer les effets des événements extrêmes sur les ouvrages stratégiques de génie civil. Le colloque proposé présentera les résultats des travaux de recherche des étudiants, des chercheurs et des professeurs du Centre d’études interuniversitaire des structures sous charges extrêmes (CEISCE). Ces travaux concernent le développement et la mise en application de nouvelles techniques de conception, d’évaluation, de réhabilitation et de protection d’une multitude d’infrastructures critiques face aux effets des événements extrêmes (séismes, glaces et verglas, crues et inondations, températures extrêmes, vents, chocs et explosions, glissements de terrain, etc.). Les résultats de ces travaux contribueront à la consolidation et à l’avancement des connaissances sur le comportement complexe des structures et sur l’évaluation de leur vulnérabilité et de leur risque de défaillance dans le contexte particulier du Québec (séismes à haut contenu fréquentiel, basses températures, neige et verglas, crues et inondations plus fréquentes, vieillissement et dégradation accélérés, etc.).
Titre du colloque :