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Moniques Richard : UQAM - Université du Québec à Montréal
Face aux mutations du monde (Latour, 2015), les nouvelles générations vivent une crise des valeurs entre changements climatiques, prolifération des réseaux de communication, surconsommation, densification des territoires. Cette crise se manifeste dans les préoccupations éthiques issues des recherches et pratiques professionnelles. Alors comment (trans)former, tout au long de leur vie, de futurs citoyennes et citoyens, qu’elles ou ils soient artistes, designers ou architectes, en êtres créatifs, responsables et avertis? Nos objectifs visent : 1) la recension de pédagogies innovantes en art et en design; 2) l’élaboration d’un cadre conceptuel sous forme de matrice expérientielle multimodale; 3) l’analyse de pratiques pour une pédagogie écoresponsable. Nous aborderons les concepts de corporéité (Johnson, 2007; Rohrer, 2007), d’interactions subjectives et objectives (Latour, 1994; Julien et Rosselin, 2009; Andrieu, 2017), et de faire expérientiel (Ingold, 2018; Sennett, 2010) et multimodal (Lacelle et al, 2015; Pink, 2011). Nous utiliserons une approche ethnographique pour analyser les processus à l’œuvre sur le terrain (Pink, 2009). Les résultats préliminaires permettent une première recension de pratiques pédagogiques écoresponsables et créatives au Québec et en France. Ils témoignent d’une effervescence des pratiques qu’il reste à cartographier et documenter pour mieux saisir leur mise en œuvre ainsi que leur répercussion sur l’apprentissage et les pratiques.
Dans sa dimension théorique, cette proposition s’appuie sur la recherche actuelle, qui met en évidence l’engagement social de l’art (Cauquelin, 2018; Fourmentraux, 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014). Par cette connexion avec les enjeux sociétaux, les arts représentent un terrain privilégié pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant le développement d’une panoplie d’« éducations » : à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc. Cette dynamique d’arrimage de l’enseignement artistique au nouveau paradigme de l’art a fait l’objet de la première édition de ce colloque (2019), offrant un espace de convergence entre divers acteurs œuvrant dans le domaine de l’art et de l’éducation. Dans la continuité de ces travaux, qui ont dressé « le fond de scène » de la problématique, nous nous proposons d’approfondir au cours d’un nouveau colloque en 2021 la réflexion sur des sujets touchant, grâce à l’expression artistique, à diverses questions socialement vives (QSV). Celles-ci visent des sujets d’actualité qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006), sujets qui interpellent inévitablement l’artiste contemporain et qui finissent par remettre en question les pratiques des acteurs scolaires. Afin de proposer les meilleures pistes susceptibles de soutenir l’enseignement artistique dans une formule actualisée, nous nous penchons, d’une part, sur l’éducation liée à l’environnement (Ghouati, 2016; Planche, 2018; Ribotti, 2010; Sauvé, 2009; Simonneaux et Simonneaux, 2009), et plus spécifiquement sur la crise du climat; d’autre part, nous abordons la diversité humaine en nous interrogeant sur l’éducation au vivre-ensemble (Estivalèzes, 2016; Larochelle-Audet, Borri-Anadon et Potvin, 2016; Moldoveanu, 2009; Vatz Laaroussi, Tadlaoui et Gélinas, 2013).
Thème du colloque :